Daphnée Lagier 


Métamorphoses



    Notre promenade commence dans une prairie. L’herbe est vivace et battue par le vent. Le chêne oscille à mesure. Mais lorsque notre regard plonge soudain à nos pieds, c’est un monde démesuré, grand comme une planète qui surgit devant nous.

« La prairie se métamorphose en jungle impénétrable, les cailloux prennent l’allure de montagnes et la modeste flaque d’eau se transforme en océan. Le temps ici s’écoule autrement, un jour pour une heure, une heure pour une saison, une saison pour une vie.» ︎1︎

Ce mémoire est une invitation à explorer la notion de métamorphose à partir d’une étude approfondie des insectes et à travers le prisme de l’analyse de la larve de Tenebrio Molitor Linnaeus. Nous pénétrons dans un univers où chaque forme, loin d'être figée, se dissout puis se restructure. Ce processus pourrait être à l’origine d’une réflexion sur le design︎2︎lui-même, qui, à l'image du processus de métamorphose, implique une transformation continue, où la matière et les idées muent progressivement pour donner naissance à de nouvelles créations.

A travers trois articles qui suivent l’ordre de la métamorphose elle-même, ce mémoire se présente comme une réflexion par analogie entre le processus de métamorphose biologique que vivent certains insectes et le processus de création dans le domaine du design.

De L’Oeuf et la Larve à L’Imago, en passant par La Nymphe, « l’holométabole » ︎3︎, dans laquelle vous vous apprêtez à vous plonger nous rappelle que Omnia mutantur, nihil interit,︎4︎ “toute forme [imago] est errante [vagans] et mouvante”.




1/3 : L’Oeuf et la larve
De l’observation initiale du microcosme
à l’émergence d’idées en design.

︎ Octobre 2024
2/3 :
La Nymphe
Transformation critique et éveil symbiotique
au croisement du design et du vivant.

︎ Novembre 2024
3/3 : L’Imago

Genèse, identité et concrétisation du projet
︎ Décembre 2024


Article 2

La Nymphe 



Seconde phase de métamorphose, transformation critique et éveil symbiotique au croisement du design et du vivant



V.J. Stanek, scan de l'encyclopédie illustrée des insectes, (1973), p.223,
retouche photoshop D.L.




Introduction



    Sous un abri impénétrable, la larve s’abandonne maintenant à cette profonde torpeur qui la gagne invinciblement.
Ce passage qui n’est ni le sommeil, ni la veille, ni la mort, ni la vie, mais dont l’être sortira transfiguré au bout de 20 jours,
est en réalité la plus intense des réorganisations. La larve se dissout, s’auto-digère, et de cette soupe nutritive, les cellules souches
se réorganisent en organes, tissus, œil, pattes, ailes... Symbole de profondes transformations, c’est de l’étonnante fluidité qu’émergera l’imago.


Dans ce second chapitre, intitulé La Nymphe, nous remettons en question les approches utilitaristes du vivant en essayant d’abord de comprendre les enjeux du biomimétisme, avant d’explorer des alternatives désanthropocentrées du design qui valorisent des interactions avec le vivant non-humain plus symbiotique et collaboratives.

Nous examinons ainsi les possibilités de co-création avec des organismes vivants, comme les larves de Tenebrio Molitor L. Cette phase marque un tournant essentiel dans la réflexion et la transformation du projet, où les idées se réorganisent pour donner naissance à de nouvelles perspectives.

La question de la sémantique représente ici un défi majeur. Le vivant est défini comme une entité animée, « qui est doué de vie ; qui possède les propriétés physico-chimiques caractérisant la vie et qui la différencient de l'inerte, du minéral. » ︎5︎ Il se distingue par
son autopoïèse (du grec auto, soi, et poïesis, création), c’est-à-dire par sa capacité à s’auto-organiser, sa complexité, son autonomie et ses fonctions multiples ︎6︎ .

L'introduction du terme « non-humain » reflète une volonté de distinguer l’homme des autres êtres vivants, comme les animaux, les plantes et les êtres unicellulaires, tout en reconnaissant son appartenance à la communauté élargie des « vivants » ︎7︎ . Toutefois,
la signification de ce terme varie selon les disciplines et les acteurs concernés. En biologie, le « non-humain » désigne spécifiquement
les animaux non humains. De manière plus large, il évoque les entités avec lesquelles l’humain interagit au quotidien, définie par Philippe Descola comme « tout ce avec quoi les humains sont en interaction constante » ︎8︎ , incluant ainsi animaux et plantes, mais aussi des éléments naturels comme l’eau, l’air et la terre, voire parfois les objets fabriqués par l’homme. Dans le contexte de ce mémoire, nous emploierons ce terme uniquement pour faire référence aux êtres vivants.






Image tirée du film documentaire Microcosmos, Le peuple de l’herbe, (1996),
retouche photoshop DL, 2024





︎1︎    Microcosmos : Le Peuple de l'herbe, film documentaire de Claude Nuridsany, Marie Pérennou, 1996. Ce microcosme est lui-même composé de petits mondes qui coexistent sans forcément se rencontrer. Les éthologues ont d’ailleurs montré que chaque forme de vie possédait un monde qui lui était propre, son Umwelt.

︎2︎    Le design est un processus intellectuel créatif, pluridisciplinaire et humaniste, dont le but est de traiter et d'apporter des solutions aux problématiques de tous les jours, petites et grandes, liées aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux (AFD).

︎3︎   Se dit des insectes qui ont des métamorphoses complètes et dont la forme adulte est toujours précédée par un stade nymphal immobile.

︎4︎   Littéralement : Tout change, rien ne meurt ; Ovide, Métamorphoses, livre XV, V, 178, trad. Olivier Sers, Les Belles Lettres, Édition du Centenaire, 2019


︎5︎ (CNRTL)

︎6︎ Brayer. M-A. Zeitoun., O., La fabrique du vivant, mutations créations. Editions HYX. 2019. p.61

︎7︎ Philippe Descola. Comment composer avec le monde « non-humain » ?, France Culture, 3 janvier 2015, https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/comment-composer-avec-le-monde-non-humain

︎8︎ Ibid.










1. Critique de la vision utilitariste du vivant
 


        a/Les promesses du biomimétisme 




Le biomimétisme, du grec « bio » (la vie) et « mimesis » (imitation), est une approche qui consiste à s’inspirer du vivant pour créer des objets ou des procédés. Ce concept n’est en rien nouveau ; le biomimétisme n'est que la systématisation et l’industrialisation d’une pratique d'observation, copie, amélioration traditionnelle ︎9︎ .

On peut distinguer plusieurs approches du biomimétisme : purement esthétique (biomorphisme), purement technique (bionique ︎10︎ ou biomécanique ︎11︎ ) , et d’autres encore plus systémiques (écomimétisme ︎12︎ ou bioéconomie ︎13︎ ). Si l’on se réfère à la définition proposée par le CEEBIOS, le biomimétisme « représente une opportunité inédite d’innovation responsable en s’inspirant des solutions et des inventions éprouvées par 3,8 milliards d’années d’évolution ︎14︎ . »  

Avec la publication de Biomimicry: Innovation Inspired by Nature de Janine Benyus ︎15︎ , le biomimétisme s’impose comme une approche novatrice à adopter pour développer des solutions techniques moins destructrices pour l’environnement et favorisant le développement économique. L’auteure décrit le biomimétisme comme « une démarche d’innovation, qui fait appel au transfert et à l’adaptation des principes et stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes afin de produire des biens et des services de manière durable et rendre les sociétés humaines compatibles avec la biosphère ︎16︎ . » Pour Benyus, le vivant ne doit plus être considéré comme une simple réserve de matériaux à exploiter, mais comme un modèle à suivre dont il convient d’imiter les réalisations. Elle suggère ainsi que l’observation de la nature peut orienter et stimuler des projets techniques de façon vertueuse.

L’auteure américaine défend une approche de l’innovation qui respecterait un « cahier des charges du vivant  ︎17︎ », qu'elle décrit comme « un ensemble de lois, stratégies et principes canoniques︎18︎ ». À ce titre, le vivant non-humain devient pour les humains un
« modèle », par l’imitation de ses formes et de ses processus ; une « mesure » ou une norme écologique jugeant de la justesse des innovations et un « maître » dont il faut prendre les connaissances plutôt que les ressources.

Aujourd’hui, le biomimétisme connaît un fort engouement et se démarque des autres pratiques de bio-inspiration ︎19︎ par son engagement à respecter les limites planétaires et la dynamique du vivant. Cette démarche place l’humain dans une attitude d’humilité
et d’admiration envers le vivant, perçu non plus comme une simple ressource, mais comme un véritable modèle. Le concept se présente ainsi comme une approche novatrice, transformative et porteuse de solutions face aux crises écologique, économique et sociale.

 



Image au microscope optique de fibres de byssus © Weserwasser 2013 CC-BY-SA-3.0
[a]




Peau de requin © Noémie-Gautier-Adrien-Quentin 2017 CC-BY-SA-4.0
[b]




Une crevette-mante paon (Odontodactylus scyllarus) à la Réunion © Thierry Peres 2011 CC-BY-SA-3.0
[c]




Durian, Malaisie © Kalai 2011 CC-BY-SA-3.0 / Théâtre de l’Esplanade, Singapour © Basile Morin 2018 CC BY-SA 4.0
[d]




Martin-pêcheur commun sur une branche au Japon © Alpsdake 2013 CC-BY-SA-3.0 /
Un Shinkansen attendant ses passagers à Tokyo, © BradBeattie 2006 CC-BY-SA-3.0
[e]


[a]
Le byssus, cet ensemble de fibres sécrétées par les moules pour se fixer aux rochers
possède des propriétés étonnantes : Avec une résistance cinq fois supérieure et une extensibilité
seize fois plus grande qu’un tendon humain, le byssus n’a pas d’équivalent dans le monde.

[b]
L’analyse au microscope de la peau de requin a révélé des rainures qui, en provoquant
des micros tourbillons autour de l’animal (connu sous le nom d’effet riblet), réduisent la résistance de l’eau.
Cette étude a d’abord débouché sur la fabrication de combinaisons de natation avant d’inspirer les ingénieurs
d’Airbus pour réduire la résistance à l’air des avions de type A320.

[c]
Les yeux de la crevette-mante disposent de 16 cônes pour reconnaître les couleurs
(contre 3 chez l’homme et 2 chez le chien). Ils ont inspiré la conception d’une caméra
médicale pour détecter les cellules cancéreuses durant une biopsie.

[d]
À Singapour, l’Esplanade Theater possède une toiture bien particulière composée de panneaux d’aluminium,
formant une carapace qui filtre la lumière naturelle et change de position en fonction de la position du soleil.
Cette architecture directement inspirée de la structure d’un fruit, le durian, permet d’économiser 30 % d’énergie.

[e]
L’étude du bec du martin-pêcheur a permis de concevoir un train à grande vitesse japonais plus aérodynamique et silencieux.













︎9︎https://www.bioxegy.com/biomim%C3%A9tisme/biomimetisme-definition

︎10︎    La bionique est la science qui recherche, chez les plantes et les animaux, des modèles en vue de réalisations techniques. (CNRTL)

︎11︎     La biomécanique est l'exploration des propriétésmécaniques des organismes vivants ainsi que l'analyse des principes de l’ingénérie faisant fonctionner les systèmes biologiques. (CNRTL)

︎12︎    L'écomimétisme est une nouvelle discipline philosophique issue du biomimétisme. (CNRTL)

︎13︎    Le mot bioéconomie désigne plusieurs théories et pratiques : approche économique des comportements biologiques ; gestion des ressources halieutiques commerciales ou plus largement aujourd'hui la somme des activités fondées sur les bioressources.
(CNRTL)

︎14︎   Définition du Biomimétisme par le Centre Européen d’Excellence et Biomimétisme de Senlis.
(CEEBIOS)

︎15︎    Janine Benyus, Biomimétisme : Quand la nature inspire des innovations durables, Paris, Rue de l’échiquier, 2011 [1997] p.4.

︎16︎    Ibid., p.4.

︎17︎    Ibid., p.4.

︎18︎    Ibid., p.4.

︎19︎   «  La bio-inspiration est une approche créative basée sur l’observation des systèmes biologiques. La biomimétique représente la coopération interdisciplinaire de la biologie et de la technologie ou d’autres domaines d’innovation dans le but de résoudre des problèmes pratiques par le biais de l’analyse fonctionnelle des systèmes biologiques, de leur abstraction en modèles et du transfert et de l’application de ces modèles à la solution.  »

Lauren Kamili, Perig Pitrou et Fabien Provost, Biomimétismes : imitation des êtres vivants et modélisation de la vie, Paris, Techniques et cultures, édition EHESS, 2020.



         b/Les contradictions du biomimétisme



S'inscrivant dans une longue tradition d’innovation, le biomimétisme n’a toutefois rien de nouveau.
Depuis les premiers humains imitant le cri des oiseaux pour chasser, jusqu’à Aristote s'intéressant aux mécanismes
du vivant dans son ouvrage Sur le mouvement des animaux ︎20︎ , cette démarche d’observation et d’inspiration
de la nature n’a jamais cessé.

Au XVIe siècle, la tradition des curiositas, qui joue un rôle central dans la création des cabinets de curiosités, témoigne d'un intérêt croissant pour l'observation du vivant et la compréhension des systèmes qui le composent. C’est à cette même époque que Léonard de Vinci rédige son célèbre Codex sur le vol des oiseaux ︎21︎ , cherchant à s'inspirer des mécanismes naturels pour concevoir des machines volantes. Fidèle à cette démarche d’imitation du vivant, il écrivait : « Prenez vos leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur ︎22︎ »  .






Léonard de Vinci, Codex sur le vol des oiseaux, 1505, Paris, Institut de France,
Manuscrit E, folios 42 verso et 43 recto.




Mais pour nuancer l'enthousiasme entourant le biomimétisme, présenté comme un « outil de la prochaine révolution industrielle » ︎23︎ , il convient de reconnaître que ses bénéfices supposés reposent sur une vision parfois idéalisée. L'approche biomimétique repose sur l'idée que l'innovation technique, inspirée des solutions développées par la nature, pourrait favoriser une transition vers une société plus soutenable :

« En prenant les systèmes biologiques comme modèle, il devient possible de réconcilier les activités industrielles et le développement économique avec la préservation de l’environnement, des ressources et de la biodiversité ︎24︎ »   . 

Pourtant, lorsqu'on examine les exemples concrets d'applications actuelles, un fossé important se dessine entre cette aspiration et sa mise en pratique. Développés en 2013 par une équipe de chercheurs de l'université Harvard, les RoboBees  ︎25︎ sont des drones miniatures imitant le comportement des abeilles et fonctionnant en essaim autonome visent des usages tels que la cartographie de zones inaccessibles ou la surveillance de lieux difficiles d'accès. Ironiquement, dans un contexte de déclin des populations d'abeilles, ce projet n'apporte aucune solution directe à la préservation des populations de pollinisateurs naturels, pourtant essentielles à la biodiversité.







Comparaison de taille entre le robot-abeille miniature et une abeille morte © The Science Museum / SSPL.
Creative Commons BY-NC-SA





Un second exemple est l'architecture du centre commercial Eastgate à Harare, au Zimbabwe ︎26︎, conçu pour reproduire le système de ventilation passive d'une termitière. Le bâtiment parvient à réduire sa consommation énergétique d'environ 90 % par rapport aux standards conventionnels, en absorbant la fraîcheur nocturne pour la restituer dans la journée. Bien que cette approche permette une réduction du coût énergétique, elle demeure au service d'un modèle de consommation de masse, et s'intègre dans une structure dont l'objectif reste avant tout commercial.







Bâtiments de termites dans le parc national de Litchfield, dans le Territoire du Nord de l'Australie © W. Bulach 2007 CC-BY-SA-4.0 /
Eastgate Centre, Harare, Zimbabwe (au premier plan, surmonté de nombreuses cheminées) © David Brazier 2008 CC-BY-SA-3.0





Ces exemples mettent en lumière le fait que s’inspirer du vivant peut conduire à des applications purement techniques et non soutenables pour l’environnement. Les engagements du biomimétisme restent ainsi discutables dans ces situations puisqu'ils ne semblent pas agir en faveur du respect des équilibres écologiques ni de la dynamique du vivant. Cela pose la question d'un équilibre
à trouver entre l’imitation des stratégies naturelles et la finalité qu’elles ont. 

Le biomimétisme, bien qu'il ait pour ambition de favoriser une évolution commune, soutenables entre l'humain et le vivant, ne s’inscrit-il pas dans une vision anthropocentrée qui réduit le vivant à un réservoir de solutions techniques, le plus souvent mises au service du productivisme et de la croissance économique ?

Olivier Hamant, biologiste, directeur de recherche à l’INRAE ︎27︎ , questionne cette recherche de l’optimum et de la performance
et constate que le vivant n’est pas conçu pour la performance maximale ; il fonctionne plutôt sur un mode « sous-optimal » . En effet,
il explique que « la performance n’est pas le dénominateur commun des êtres vivants. En fait, à bien y regarder, les êtres vivants sont relativement inefficaces ︎28︎ » . Ses recherches le mènent en effet à la conclusion que les capacités d’adaptation du vivant au cours de l’évolution résident aussi dans la sous-optimalité, et sont entre autres régies par le hasard ou la redondance.

« Finalement, la sous-optimalité est un formidable soutien aux capacités d’adaptation : les systèmes vivants peuvent contourner les difficultés, non pas parce qu’ils sont bien préparés, mais plutôt parce qu’ils sont toujours dans un état dynamique, explorant les possibles ︎29︎ »  . 



        c/L’impasse du biomimétisme 



 
Le biomimétisme, dans son enthousiasme actuel, est souvent présenté comme un moyen de « réconciliation » entre l’humain et la nature. Pourtant, ne faisons-nous pas déjà partie intégrante du vivant que nous prétendons imiter ?  Ce retour à la nature, qui semble parfois teinté d’artificialité, soulève une question profonde : pourquoi les humains continuent-ils de se percevoir en marge de la nature, au lieu d’envisager leur environnement comme un espace partagé, en continuité avec le vivant, plutôt que comme une ressource extérieure à exploiter ?

Dans Par-delà nature et culture, l’anthropologue Philippe Descola ︎30︎ met en lumière le fait que le concept de « nature », en tant qu’idée abstraite et universelle, est une construction récente de l’Occident. Le mot “nature” vient du latin natura, signifiant “ce qui naît” ou “essence propre”. On peut le définir comme ce « qui est directement issu du monde physique, qui n'est pas le fait du travail de l'homme, par opposition à l’artificiel et au synthétique ︎31︎ ». Selon l'anthropologue, le mot nature reflète une vision anthropocentrée qui renforce l’idée que la nature se résumerait à son rapport antagoniste à l’humain. Dans d’autres sociétés, dont celles des peuples autochtones, ce concept n’existe pas, car on considère le vivant non-humain (plantes, animaux, bactéries…) comme un égal, sans distinction ni hiérarchie. Leurs interactions reposent sur la compréhension et le respect envers les vivants non-humains avec lesquels ils interagissent.


« Bien des sociétés dites “primitives” nous invitent à un tel dépassement car elles n’ont jamais songé que les frontières de l’humanité s’arrêtaient aux portes de l’espèce humaine ainsi, elles n’hésitent pas à inviter dans le concert de leur vie sociale les plus modestes plantes, les plus insignifiants des animaux ︎32︎
»  . 


Indissociable de la science moderne, la vision ontologique naturaliste moderne repose sur le dualisme fondamental sujet/objet. Historiquement, la catégorie de « sujet » a été presque exclusivement réservée à l’humain, à l’origine d’une hiérarchie qui en fait un être privilégié, seul doté de raison et de conscience, capable de penser. En revanche, les autres êtres vivants sont relégués au rang d’« objets », réduits à être observés ou étudiés. Cette dichotomie entre sujet et objet conduit les humains à se percevoir comme des observateurs extérieurs au monde naturel, plutôt qu’en faisant partie. ︎33︎

Ce n’est que récemment que certaines espèces animales ont été  reconnues comme des êtres sensibles, mais cette reconnaissance reste très inégale. Malgré une prise de conscience croissante des limites et des conséquences environnementales découlant de cette division arbitraire, celle-ci demeure au fondement de la connaissance scientifique et constitue l'une des pierres angulaires de nos démocraties modernes.

En fin de compte, les relations interspécifiques sont si étroites et nombreuses qu’il devient légitime de questionner l’idée même d’une séparation entre l’humain et les autres vivants. D’ailleurs, l’être humain n’est-il pas lui-même un holobionte︎34︎?





︎20︎    ARISTOTE, Le mouvement des animaux, Paris,
Garnier-Flammarion, 2013.


︎21︎   Léonard de Vinci, Codex sur le vol des oiseaux, 1505.

︎22︎   Ibid.











































︎23︎   Définition du biomimétisme par le Centre Européen d’Excellence et Biomimétisme de Senlis (CEEBIOS)

︎24︎   Ibid.

︎25︎   Philippe Da Silva, Hervé Morin, “RoboBee, un robot-insecte (presque) autonome”, Le Monde du 2 juillet 2019.













































︎26︎    Laetitia Van Eeckhout, “L’Eastgate Centre d’Harare, un immeuble en forme de termitière”, Le Monde du 27 février 2020.
























































︎27︎     Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement.

︎28︎     Olivier Hamant, “Pour s'adapter, il faut s'inspirer du vivant et cesser d'optimiser à tout prix”, Libération du 6 mai 2020. https://www.liberation.fr/debats/2020/05/06/pour-s-adapter-il-faut-s-inspirer-du-vivant-et-cesser-d-optimiser-a-tout-prix_1787410/

︎29︎    Ibid.

















︎30︎   Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Gallimard, 2006, p.15.

︎31︎   (CNRTL)

︎32︎   Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Gallimard, 2006, p.16.

︎33︎    Bruno Latour a été l’un des premiers à remettre en cause ce qu’il nomme la constitution moderne reposant sur le dualisme sujet/objet ou, pour reprendre ses termes, l’humain/non humain. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chemins-de-la-philosophie/bruno-latour-la-distinction-entre-humain-et-non-humain-ne-correspond-plus-a-rien-de-l-experience-terrestre-7719847

︎34︎    Le terme holobionte, du grec holos, ‘’tout’’ et bios, ‘’vie’’, correspond à une entité vivante naturelle constituée d'un organisme pluricellulaire, appelé hôte et de son microbiote, les microorganismes qu’il héberge (bactéries, virus, archées, protistes et champignons microscopiques). https://www.inrae.fr/actualites/holobionte

2. Vers un design désanthropocentré




        a/ Notre place  dans la biocénose ︎35︎  




Nous, humains, ne vivons donc pas en dehors du monde qui nous entoure. Yuval Noah Harari, dans Sapiens, retrace à grands traits l’histoire de l’humanité pour montrer que « voici soixante-dix mille ans, Homo sapiens n’était encore qu’un animal insignifiant. Au fil des millénaires suivants, il s’est transformé en maître de la planète entière. Nous avons maîtrisé ce qui nous entoure, accru la production alimentaire, construit des villes, bâti des empires et créé de vastes réseaux commerciaux ︎36︎ ». Cet accroissement massif de la puissance humaine s’est toutefois fait au détriment des autres espèces. On redécouvre aujourd'hui l'interdépendance fondamentale entre tous les êtres vivants, l’humain n’étant qu’un maillon de cette vaste chaîne.

Nous faisons en effet partie d’une  « communauté biotique ︎37︎ » . Michel Serres, dans Le Contrat Naturel, souligne combien nos actions affectent négativement cette communauté vitale et rappelle que « nous dépendons du monde qui dépend de nous ︎38︎» . Cette idée essentielle repose sur la conviction que les systèmes biotiques sont en eux-mêmes suffisamment résilients et n’ont pas besoin de notre intervention :

« La Terre, qui a existé sans nos ancêtres inimaginables, pourrait tout aussi bien continuer à exister sans nous aujourd'hui et demain, sans aucun de nos éventuels descendants, alors que nous ne pouvons exister sans elle ︎39︎ »   .

Le designer, dont le rôle est crucial pour maintenir l’habitabilité du monde ︎40︎, doit prendre conscience de l’appartenance de l’humain à la biocénose et de sa dépendance envers ce système global. L'intérêt pour le non-humain dans le design est de plus en
plus grand, comme nous pouvons le voir avec les collectifs de recherche qui se forment un peu partout. En France, le laboratoire de recherche en design Zoépolis, fondé par Nicolas Roesch, invite ainsi à repenser nos conceptions du design à partir d’un nouveau rapport avec le vivant ︎41︎. Il propose plusieurs axes de recherche ouverts. Par exemple, imaginer des pratiques de design intégrant les vivants non-humains, ou bien centrées sur les écosystèmes, les plantes et les animaux. Ce collectif aborde aussi les relations interspécifiques humains/animaux, humains/plantes, humains/écosystèmes au travers des processus de création et s’intéresse à ce que ces pratiques peuvent faire émerger dans notre vision du monde. Le thème de la médiation des vivants et des nouveaux imaginaires est aussi largement évoqué. Ouvert à la réflexion et transdisciplinaire, ce collectif prouve que ces questionnements sont en train d’émerger dans la sphère du design.







Eve Poyet Caterin, Zoépolis, 2021




Dans la même optique, le designer Jesse Weaver propose une approche de « bee-centered design ». Il suggère que le design se décentre de l’humain pour se concentrer d’abord sur ces « liens faibles » avant qu’on en arrive aux problématiques spécifiquement humaines. Même si notre point de vue incarné nous fait sans arrêt tomber dans le piège de l’anthropocentrisme, il nous faut revoir de fond en comble l’objet du design et la place de l’humain dans nos conceptions. Il nous faut
« consciemment recentrer le design sur la nature » en élargissant la focale du designer vers un design « Life-Centered » ou « Planet Centric ︎42︎ »   .

C’est ainsi qu’émerge l’idée de design désanthropocentré, c'est-à-dire un design qui cherche à dépasser l’approche centrée sur l’humain, en considérant les vivants non-humains comme des partenaires dans la conception et en valorisant les relations d’interdépendance.

Consciente de la diversité des projets intégrant le vivant non-humain dans le design, j'ai choisi d'explorer trois initiatives expérimentales ou artistiques, incluant un travail avec des insectes. Mon intention n’est pas de hiérarchiser ces projets, mais de questionner la manière dont ils redéfinissent notre relation au vivant dans des contextes variés. Mon approche vise ainsi à identifier les leviers d’une démarche désanthropocentrée, favorisant une vision du design où le vivant est compris dans sa globalité.



        b/Séricyne  




Clara Hardy, fondatrice de Séricyne, a par exemple développé une approche innovante de la production de soie qui ne nécessite pas l’ébouillantage des vers à soie ︎43︎ . L’entreprise, fondée en 2015 dans les Cévennes, qui collabore avec des sériciculteurs locaux, élève des vers à soie soigneusement sélectionnés en fonction de la qualité et de la couleur de leur fil. Ces vers sont ensuite placés sur des moules en 2D ou 3D pour produire de la soie, récoltée ensuite par des artisans pour créer des produits de luxe.

Séricyne s'efforce aussi de revitaliser la sériciculture en France en formant de nouveaux éleveurs et en plantant des mûriers. Bien que confrontée à des difficultés économiques, l’entreprise reste fidèle à ses valeurs, considérant que la manière de produire la soie prime sur la matière elle-même. Clara Hardy espère avoir un impact plus significatif sur le traitement post-production et développer des alternatives durables.

Bien que l’approche de Séricyne soit prometteuse en termes d’éthique, la pression économique inhérente à un modèle industriel soulève des questions sur la compatibilité entre l’éthique et la rentabilité centrée sur des besoins humains.






[a]





[b]





[c]


[a] [b] [c]
Procédé développé par Clara Hardi : 
https://sericyne.fr/





        c/Slow Devored



Tony Jouanneau, scientifique-designer et fondateur de l’Atelier Sumbiosis, explore la
co-création avec le vivant non-humain à travers son projet Slow Devored ︎44︎ , en collaboration avec des entomologues ︎45︎.
Ce projet propose une alternative naturelle, relevant de la bio-assistance, au procédé de « dévoré textile », qui utilise des produits chimiques nocifs pour obtenir un effet de transparence.

« J’ai découvert le bio-design, un principe de convergence entre biologie et design. Une véritable révélation qui m’a décidé à m’investir dans le domaine scientifique et à orienter mon projet sur l’amélioration des processus de fabrication dans l'artisanat textile  ︎46︎ » . 

Pour cela, Jouanneau a conçu un « cabinet à dévorer », dans lequel des insectes kératophages sont introduits à l'intérieur d'une pièce cylindrique où sont entreposés un tissu et une matrice transparente. Les insectes sont ensuite invités à dévorer le textile en suivant le chemin imposé par la matrice.

Jouanneau veut par-là interroger les relations qu’il peut entretenir avec le non-humain. Le regard expérimental qu’il porte sur son projet nous permet de comprendre qu’il s’agit d’une étude et non d’une exigence de productivité ou de rendement envers le vivant. Une grande partie du temps de Tony Jouanneau est consacré à trouver des financements afin de développer ses recherches transversales, entre design, science et artisanat. Si la recherche est chronophage, la création d’objets bio-ennoblis n’est pas en reste et se fait la plupart du temps en collaboration avec des artistes ou des designers.

Le designer souligne que travailler avec le vivant oblige à se confronter à l’imprévisible, mais il cherche à montrer le potentiel de cette collaboration pour réduire l'impact environnemental de l'ennoblissement textile. Il présente les insectes comme de « petits artisans »
et s'engage à recréer des conditions de vie optimales pour eux.

Un élément central de sa démarche est la notion de contrôle. S'il invite à valoriser le travail de ces insectes par une démarche transparente, Tony Jouanneau s’en tient à une vision contrôlée de la dévoration, qui restreint le potentiel créatif du vivant non-humain. Même si le projet tient sa promesse de rendre la technique de la dévoration textile compatible avec notre environnement, il peut toutefois  être interprété comme une manière de domestiquer voire d’asservir ces insectes sans jamais se poser la question
de leur individualité.




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Procédé développé par Tony Jouanneau : 
https://atelier-sumbiosis.com/Slow-Devored





        d/Please stand by



Marlène Huissoud, artiste-designer expérimentale française basée à Londres, a choisi de se tourner vers les insectes après ses études à la Central Saint Martins College of Art and Design, convaincue de l'importance des leçons que ces créatures peuvent nous apporter. Son projet, Please Stand By, vise à réintroduire la nature dans les milieux urbains de Londres, en particulier les insectes sauvages, en leur offrant des habitats adaptés.

Huissoud crée une série d'objets qu'elle nomme « sculptures fonctionnelles  ︎47︎ » : des structures conçues pour servir de refuge où les insectes peuvent se nicher, se protéger et trouver des environnements adaptés à leurs besoins. Conçus en collaboration avec les scientifiques Robert Francis et Mark Brandon du King’s College de Londres, ces "hôtels à insectes" sont pensés pour être durables et organiques. Fabriqués en argile naturelle, non cuite pour conserver un aspect primitif, ils sont recouverts d’un liant naturel qui les protège des intempéries.

Les choix de matériaux et de couleurs sont méticuleusement pensés pour attirer les pollinisateurs – abeilles solitaires, guêpes, papillons – en imitant les teintes naturelles par lesquelles ces insectes sont instinctivement attirés, telles que des tons clairs comme le blanc et le gris, ou des nuances plus sombres. Ces pièces sculpturales enrichissent la biodiversité urbaine, soutenant la productivité de l’écosystème local.

Pour les humains, ces structures se présentent comme des œuvres d’art ; pour les insectes, elles ne sont que des refuges fonctionnels. C’est dans cette double fonctionnalité, celle du beau et de l’habitat, que les objets de Marlène Huissoud incarnent un design non plus seulement centré sur l’humain mais tourné vers l’altérité et respectueux de l’environnement.

Dans ce projet, ce n'est pas tant le potentiel créatif des insectes qui importe, mais bien la finalité puisque l'objet leur est en grande partie destiné. Les créations de Marlène Huissoud incarnent ainsi un design qui dépasse la perspective humaine pour inviter l’altérité à repeupler le milieu urbain.






[a]




[b]




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[a][b][c]
Procédé développé par Marlène Houissoud :
https://www.marlene-huissoud.com/please-stand-by




Ces trois études de cas montrent toute la diversité des positionnements des designers, parfois centrés plus sur l’humain, parfois plus sur le vivant non-humain. Les oscillations entre les différentes modalités d’action sont difficiles à prendre en compte, car elles ne sont pas complètement définies, chaque projet ayant un rapport spécifique au vivant.

Analyser ces différents projets m'a permis de comprendre les enjeux de la création respectant l’altérité, les interrelations et les milieux naturels, et ainsi de mieux définir la notion de design désanthropocentré.





Conclusion 



Ce second chapitre nous a conduit à repenser profondément notre rapport au vivant, en nous appuyant d'abord sur la compréhension des enjeux du biomimétisme avant d’explorer un design alternatif non plus exclusivement centré sur les humains.

Au travers de cette phase de la métamorphose, où la nymphe incarne une transformation radicale, il est apparu essentiel de dépasser une vision purement utilitaire du vivant pour en faire un partenaire dans la création et ainsi penser des manières de créer et de coexister ensemble.

Si les applications concrètes du biomimétisme ont montré leurs limites, elles ouvrent néanmoins la voie à un design plus respectueux
et humble, visant une co-création authentique avec le vivant non-humain. Ce dialogue, fondé sur la réciprocité et le respect,
ne pourrait-il pas être une des clés pour concevoir un futur où l'humain et le non-humain cohabiteraient pacifiquement ?

Nous aborderons dans le dernier chapitre les prémices de mon projet de diplôme, qui s'inscrit pleinement dans cette démarche
de dialogue entre le design et le vivant non-humain.












︎35︎   La biocénose est l’’ensemble des êtres vivants qui peuplent un écosystème donné. https://www.universalis.fr/encyclopedie/biocenoses/

︎36︎    Yuval Noah Harari, Sapiens : Une brève histoire de l'humanité, Paris, Albin Michel, 2024 (2011).

︎37︎    Catherine Larrère, Les philosophies de l'environnement, PUF, 1996, chap 5,” La communauté biotique : l’héritage d’Aldo Leopold”.

︎38︎    Michel Serres, Le Contrat Naturel, PUF, 2018.

︎39︎    Ibid.

︎40︎    Alain Findeli, Le design, discipline scientifique ? Une esquisse programmatique, colloque Les Ateliers de la recherche en design, Université de Nîmes, novembre 2006.

︎41︎     Zoepolis, site de l’entreprise, https://zoepolis.com/





























































































︎42︎    Jesse Weaver, “Human-Centered Design Is Broken,
Here’s a Better Alternative”
, Medium, 27 mars 2019.





















︎43︎    Issue d'un milieu d'agriculteurs biologiques, Clara Hardy inscrit son projet dans une démarche éthique visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile. Elle a collaboré avec un ethnologue pour optimiser les conditions de vie des vers à soie et a mis en place des normes de bien-être animal.

À la fin de leur cycle, on laisse les chrysalides se transformer en papillons, bien qu’elles ne puissent être relâchées dans la nature. Séricyne, site de l’entreprise :  https://sericyne.fr/ 















































































































































︎44︎    Cf. Cécile Papapietro-Matsuda, “Tony Jouanneau, Scientific and designer”, Intramuros, n° 214, p.92 à 95.

︎45︎    Patrick Buschhorn - entomologiste ; Hervé Guyot - entomologiste, responsable de l’OPIE, Office pour la Protection des Insectes et leur environnement ; Fabien Fohrer - entomologiste & microbiologiste au CICRP, Centre Interdisciplinaire de Conservation et de Restauration du Patrimoine de Marseille.
Atelier Sumbiosis,  site de l‘entreprise : https://atelier-sumbiosis.com/Slow-Devored

︎46︎    Cf. Cécile Papapietro-Matsuda, “Tony Jouanneau, Scientific and designer”, Intramuros, n° 214, p.92 à 95.







































































































































































︎47︎    Marlène Houissoud :
https://www.marlene-huissoud.com/please-stand-by


































































Lexique

︎BIOCENOSE :
La biocénose est l’’ensemble des êtres vivants qui peuplent un écosystème donné.︎

︎BIOECONOMIE :
Le mot bioéconomie désigne plusieurs théories et pratiques : approche économique des comportements biologiques ; gestion des ressources halieutiques commerciales ou plus
largement aujourd'hui la somme des activités fondées sur les bioressources.︎

︎ BIOMECANIQUE :
La biomécanique est l'exploration des propriétésmécaniques des organismes vivants ainsi
que l'analyse des principes de l’ingénérie faisant fonctionner les systèmes biologiques.︎

︎ BIONIQUE :
La bionique est la science qui recherche, chez les plantes et les animaux, des modèles en vue
de réalisations techniques.︎  

︎ ECOMIMETISME :
L'écomimétisme est une nouvelle discipline philosophique issue du biomimétisme.︎

︎HOLOBIONTE :
Le terme holobionte, du grec holos, ‘’tout’’ et bios, ‘’vie’’, correspond à une entité vivante naturelle constituée d'un organisme pluricellulaire, appelé hôte et de son microbiote, les microorganismes qu’il héberge (bactéries, virus, archées, protistes et champignons microscopiques). ︎




















Bibliographie


︎Ouvrages 

ARISTOTE, Le mouvement des animaux, Paris, Garnier-Flammarion, 2013.

BENYUS Janine, Biomimétisme : Quand la nature inspire des innovations durables, Paris, Rue de l’échiquier, 2011 [1997].

BRAYER Marie-Ange, ZEITOUN Olivier, La fabrique du vivant. Mutations, Créations, Paris, Éditions HYX, 2019.

DESCOLA Philippe, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2006.

HARARI Yuval Noah, Sapiens. Une brève histoire de l'humanité, Paris, Albin Michel, 2024 [2011].

KAMILI Lauren, PITROU Perig et PROVOST Fabien, Biomimétismes : imitation des êtres vivants et modélisation de la vie, Paris, Techniques et cultures, éditions de l’EHESS, 2020.

LARRERE Catherine, Les philosophies de l'environnement, Paris, PUF, 1996.

SERRES Michel, Le Contrat Naturel, Paris, PUF, 2018. 

︎Sitographie 

Atelier Sumbiosis : https://atelier-sumbiosis.com/Slow-Devored

Marlène Houissoud : https://www.marlene-huissoud.com/please-stand-by

Sericyne : https://sericyne.fr/ 

Zoepolis : https://zoepolis.com/






︎Podcasts et Conférence 

DESCOLA Philippe, « Comment composer avec le monde « non-humain » ? », La Conversation scientifique, France Culture, 3 janvier 2015 : https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/comment-composer-avec-le-monde-non-humain

LATOUR Bruno, « La distinction entre humain et non-humain ne correspond plus à rien de l'expérience terrestre », Les Chemins de la philosophie, France Culture, 22 novembre 2013 :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chemins-de-la-philosophie/bruno-latour-la-distinction-entre-humain-et-non-humain-ne-correspond-plus-a-rien-de-l-experience-terrestre-7719847

FINDELI Alain, Le design, discipline scientifique ? Une esquisse programmatique, colloque Les Ateliers de la recherche en design, Université de Nîmes, 2006.

ROESCH Nicolas, Designer au service des non-humains, TEDxTours, 24 octobre 2024 : https://youtu.be/abFPbhlwmhI




︎Articles 

DA SILVA Philippe, MORIN Hervé, « RoboBee, un robot-insecte (presque) autonome », Le Monde du 2 juillet 2019.

HAMANT Olivier, « Pour s'adapter, il faut s'inspirer du vivant et cesser d'optimiser à tout prix », Libération du 6 mai 2020 : https://www.liberation.fr/debats/2020/05/06/pour-s-adapter-il-faut-s-inspirer-du-vivant-et-cesser-d-optimiser-a-tout-prix_1787410/

JOUANNEAU Tony, cité par Cécile Papapietro-Matsuda, dans Intramuros, n° 214, 2023, p.92 à 95.

VAN EECKHOUT Laetitia, « L’Eastgate Centre d’Harare, un immeuble en forme de termitière », Le Monde, 27 février 2020.



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