Luïs Bigarret
Bagager
Quel est notre rapport au voyage et à l’expédition aujourd’hui ?
Contraint par un contexte contemporain particulier, quel imaginaire de voyage avons-nous ?
Au travers de ces trois articles, l’auteur va passer par différents univers du voyage et notamment sous le prisme de l’objet bagage, avec dans un premier temps l’histoire très marquée et très ancrée de celui-ci. Dans un second temps, l’auteur exposera le principe d’expédition contemporaine : comment ce principe peut-il devenir une aide à une industrie en pleine transformation ? Pour enfin terminer par se demander quelle réalité est applicable aujourd’hui.
1/3 : Histoire de bagage, entre itinérance et ubiquité
︎ Octobre 2023
2/3 : Compagnon de voyage, cas d’objet à la fois utile et vivant
︎ Novembre 2023
3/3 : Le bagage - du style au design
︎ Décembre 2023
Article 3
Le bagage
- du style au design
Après avoir retracé le parcours du bagage précédemment, cette dernière réflexion amorce et précise les intentions voulues pour les suites du projet. Le bagage - du style au design vient requestionner l'intérêt de réinventer l’icône en maroquinerie, tout en essayant de passer au-delà de ce qui est établi.

Baluchon CARLOTTENBUGGER marque F.H.B
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Concevoir un accessoire d’aventure éthique et réfléchi, est-ce possible ?
Bien qu’aujourd’hui, la majeure partie de la production de bagage ne soit plus fabriquée localement, cela n’a pas toujours été le cas. L’industrialisation des différentes pièces, ainsi que l'émergence de nouvelles concurrences ont poussé les maisons à se tourner vers des sous-traitants plus éloignés mais surtout moins chers, produisant facilement et en grands volumes pour rester compétitif. Toutefois, y aurait-il une possibilité de voir les événements évoluer ?
Au-delà de la mise en œuvre, il faut, avant tout, requestionner le travail du designer et la conception des nouveaux produits. Pour cette raison, je vais, dans un premier temps, voir quelle valeur ajoutée apporter le designer en concevant ou réinventant des icônes de la bagagerie. Ensuite, je vais m’intéresser à la cible et comment pourrait-elle être mieux définie par le designer. Enfin, je présenterai l'intérêt de décomposer l’objet d’étude pour en comprendre les subtilités et réellement le réinventer.
Bien qu’aujourd’hui, la majeure partie de la production de bagage ne soit plus fabriquée localement, cela n’a pas toujours été le cas. L’industrialisation des différentes pièces, ainsi que l'émergence de nouvelles concurrences ont poussé les maisons à se tourner vers des sous-traitants plus éloignés mais surtout moins chers, produisant facilement et en grands volumes pour rester compétitif. Toutefois, y aurait-il une possibilité de voir les événements évoluer ?
Au-delà de la mise en œuvre, il faut, avant tout, requestionner le travail du designer et la conception des nouveaux produits. Pour cette raison, je vais, dans un premier temps, voir quelle valeur ajoutée apporter le designer en concevant ou réinventant des icônes de la bagagerie. Ensuite, je vais m’intéresser à la cible et comment pourrait-elle être mieux définie par le designer. Enfin, je présenterai l'intérêt de décomposer l’objet d’étude pour en comprendre les subtilités et réellement le réinventer.
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Également appelé CHARLY ou BERLINER, le baluchon sert à ranger les outils, vêtements de travail, sous-vêtements, chemise et nécessaire de toilette. Dimensions 80 x 80 cm BALUCHON réf 91300 "ROLAND" - Tout pour l'ouvrier [Consulté le 04/12/23].
1. Concevoir ou réinventer ?
“La mode se démode, le style jamais” - Coco Chanel
Ce célèbre proverbe, attribué à Mademoiselle Chanel et trop souventefois scandé par inadvertance, pourrait, aujourd’hui, presque prêter à sourire. Face à un marché ultra démocratisé et très ancré, arriver à mettre au point un nouveau concept de bagagerie et s’en démarquer relève du défi. La multiplication des collections ︎2︎ , la massification des dessins et modèles et l’archétype surannée de l’usager, ciblé par les maisons et les marques, ont participé à la résultante d’un marché à plusieurs vitesses, visible notamment par une saturation d’un vestiaire dit féminin à l’inverse du vestiaire dit masculin et du domaine de la bagagerie nettement plus effacé.
À la parution de son livre Bag Design ︎3︎ en 2016, le collectif d’auteur-éditeur Fashionary recensait non loin d’une centaine de typologies de sacs et de bagages différents allant de la simple pochette, Pouch, au massif coffre de campement, Camp Trunk. Dans son chapitre “Signature Bags, designer signature bags” cataloguant les modèles iconiques qui ont établi la maroquinerie contemporaine, on remarque que pour un seul modèle, comme par exemple le cabas ou tote bag, on dénombre, environ, une dizaine de maison qui ont pu proposer leur version de cette pièce d’apparence ordinaire. Mais cela est également visible sur bien d’autres icônes de la maroquinerie telles que le baguette bag, le bucket bag, ou encore le crossbody.
Dans ces conditions, que faire ?
Doit-on concevoir une toute nouvelle typologie ou continuer d’en réinventer les codes ?
Concevoir ou réinventer, au final, la question reste la même. Aujourd’hui pour répondre à un appel d’offre pas réellement existant, de nombreuses maisons vont chercher à réinventer des icônes en appliquant simplement leurs codes dans le but d’attirer une potentielle nouvelle clientèle. Or dans ce domaine, il a été souligné de nombreuses fois que pour exister il ne faut pas chercher à appliquer une simple direction artistique sur des modèles déjà posés, mais plutôt aller rencontrer et interroger des lieux connexes, des typologies oubliés ou encore des environnements aux antipodes même du sujet pouvant influencer la conception de nouvelles icônes.
La maison Longchamp, par exemple, a réussi à tirer son épingle du marché notamment grâce à son créateur Philippe Cassegrain, qui en 1993 met au point avec l’aide d’Isabelle Guyon, styliste de la maison à cette époque, le mythique sac Pliage en nylon trapézoïdale que l’on connaît aujourd’hui ︎4︎. Faisant partie de la catégorie des tote bag soulignée plus haut, le Pliage est le fruit de la rencontre de l’origami et du nylon enduit que Philippe Cassegrain a emprunté à divers univers autres que la maroquinerie. Ici grâce à ses voyages au Japon pour l’origami, où il découvre l’art de plier, et à l’armée pour le nylon, grâce à un collègue reconverti dans le domaine. L’ajout d’une glissière sur un sac considéré comme étant simplement fonctionnel apporte un réel aspect plus précieux à l’objet dans l’esprit de l’usager. Cette rencontre d’univers a permis d’affirmer Longchamp en tant que réelle maison de maroquinerie et a également permis, comme le souligne Bruno Poirier directeur du bureau d’étude de la maison, de vendre pas loin de 40 millions de pièces depuis sa création en 1993.

Campagne de lancement du Pliage Green, Longchamp, 2021.
Cette idéologie, délibérée ou non, s’est observée plus récemment au sein d’autres maisons comme chez Loewe avec le devenu mythique Puzzle bag apparu en 2015. La géométrie de la forme, empruntée aux domaines de la 3D et des mathématiques, a permis de concevoir un tout nouveau modèle identitaire mais également d’établir une toute nouvelle ligne, ouvrant sur de nouveaux champs comme l’origami, pour la maison espagnole.
Puzzle bag Medium Tan, Loewe, 2015.
Après avoir vu cela, concevoir ou réinventer pourrait-il se calquer sur le domaine de la bagagerie ?
Au-delà de la pièce d’apparence technique qu’est la valise, aller chercher des domaines voisins comme lointain peut être intéressant. Si le sujet du bagage de l’explorateur ou encore du paquetage militaire ont déjà été examinés précédemment, interroger des typologies d’objets représentatifs du voyage comme le baluchon pourrait apporter, dans un premier temps, un nouvel élan pour la bagagerie.
Toutefois, questionner le bagage, ce n’est pas que questionner sa forme et son apparence dans son entièreté. C’est aussi plus simplement questionner des parties, des systèmes ou encore des matières trop standardisés. La réflexion sur notre rapport à l’intimité dans le bagage apporté dans l’article précédent, Compagnon de voyage, cas d’un objet à la fois utile et vivant, m’a permis de construire un nouveau regard, simplement, sur le système d’ouverture de cet objet. En essayant d’appliquer cette idée de “décor déployable” du bagage, je cherche à conserver l’aspect fonctionnel et pratique qu'il possède tout en apportant un aspect moins commun.
︎ 2 ︎
Rappel Article 1 : Le bagage - entre itinérance et ubiquité
À noter que :
1868 : Premier défilé de mode par Charles-Frédéric Worth, 2 collections.
2022 : Le magazine Ancré dénombre 17 fashion week à travers le monde Au fait y a combien de Fashion Week par an [Consulté le : 29/09/23]
La Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM) comptait, quant à elle, 201 défilés inscrits au calendrier de la Paris Fashion Week sur l’année. Paris Fashion Week 2023 [Consulté le : 29/09/23]
︎3︎ Fashionary, Bag Design, ed. Fashionary, 2016.
︎4︎ VERCHÈRE Laure, Le pliage by Longchamp, Paris, ed. Assouline, 2014.
À noter que :
1868 : Premier défilé de mode par Charles-Frédéric Worth, 2 collections.
2022 : Le magazine Ancré dénombre 17 fashion week à travers le monde Au fait y a combien de Fashion Week par an [Consulté le : 29/09/23]
La Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM) comptait, quant à elle, 201 défilés inscrits au calendrier de la Paris Fashion Week sur l’année. Paris Fashion Week 2023 [Consulté le : 29/09/23]
︎3︎ Fashionary, Bag Design, ed. Fashionary, 2016.
︎4︎ VERCHÈRE Laure, Le pliage by Longchamp, Paris, ed. Assouline, 2014.
2. La cible et ses besoins
Faites l’expérience :
Entrez dans un grand magasin type Galeries Lafayettes ou Bazar de l’Hôtel de Ville et baladez-vous. Baladez-vous devant les vitrines et les stands, visitez les allées et les couloirs, regardez les modèles, les mannequins, et comparez. Comparez les coupes, les couleurs, les les matières et les motifs entre le vestiaire féminin et le vestiaire masculin.
Qu’observez-vous ?
Une différence encore trop grande.
Si depuis plusieurs collections maintenant, les maisons tendent de plus en plus vers le neutral gender ︎5︎ , comme chez Ludovic de Saint Sernin qui le revendique comme essence même de sa création, l’image de vestiaires séparés reste, néanmoins, bien ancrée du côté des magasins et des clients. Que ce soit dans le domaine du prêt-à-porter comme de la maroquinerie, cette différence notable vient renforcer l’idée évoquée dans le premier article, Histoire du bagage - entre itinérance et ubiquité ︎6︎, sur la considération et la définition de la cible par les maisons.
Présenté comme “La Parisienne, femme active, à la fois chic et branchée.”, cette cible, peu précise soit-elle, vient corroborer le questionnement soulevé plus haut entre concevoir ou réinventer. Naïvement, l’idée n’est pas d’aller chercher l’homonyme masculin de cette dame pour rééquilibrer les vestiaires et accentuer les schémas engagés, mais plutôt de reconsidérer et de redéfinir cette cible à atteindre.
Est-elle plutôt consciencieuse ? Modiste ?
Quel intérêt porte-t-elle à son bagage ? Comment s’en sert-elle ? Où voyage-t-elle ?
Que porte-t-elle au quotidien ? Qu’est-ce qu’elle aime ?
Tant de questionnement en somme relativement simple, mais trop souvent négligé par les créateurs. Dans notre cas, pour la suite des événements, l’idée est de se positionner en priorité sur une cible, disons A, plutôt consciencieuse et qui porte un intérêt particulier à ses bagages. Cette cible A va notamment porter attention à la technicité de la pièce tant dans ses matières, plutôt éthiques, que dans ses usages et ses fonctionnalités réfléchis. Par ailleurs, pour cette cible, il faut conserver l’aspect ergonomique, déjà très présent dans la valise cabine, pour permettre d’utiliser ce bagage en de nombreuses circonstances.
Il faut aussi souligner que ce bagage aura un coût plus élevé qu’une valise ordinaire, et souligner, ainsi, que ce projet s'adresse en particulier à une cible aisée financièrement.
Une cible B peut, également, être considérée. Possédant un attrait plus fort pour l’univers de la mode et des pièces particulières que la cible précédente, la cible B recherche un objet de tout vestiaire confondu qu’elle peut venir s'approprier. Ici, cette seconde cible va porter un intérêt plus fort à l’apparence même du bagage par ses matières et ses formes. Elle reste, toutefois, une cible potentielle et non principale.
Finalement, l’idée de questionner des vestiaires précisément genrés n’est-elle pas obsolète ?
Considérer juste le féminin et le masculin n’est-il pas réducteur ?
Certes, définir une cible permet de donner un sens, de ne pas avancer dans le flou et d’être plus précis dans la proposition apportée à l’usager. J’entends également que, d’un point de vue corporel, les coupes et les gabarits sont relativement différents. Cependant du point de vue scénographique, il pourrait être plus intéressant de proposer, et non imposer, à l’usager des vestiaires, genrés ou non, sous la forme de personnages divers et variés avec des univers, des qualités et des goûts très distinct.
Par analogie, on peut citer le travail de Charles de Vilmorin à la direction des vitrines de Noël pour les Galeries Lafayettes, boulevard Haussmann, cette année. Titré Le Noël de ses rêves, les différents tableaux retracent l’histoire d’une jeune fille recevant, pour Noël, un pinceau magique qui donne vie à tout ce qu’elle dessine. Ici, le jeune créateur présente chaque vitrine à l’aide d’un personnage particulier tel que la majestueuse dame étoile ou plus simplement le Père Noël, plongeant les spectateurs dans une multitude d’univers à la fois différents par rapport aux personnages et communs par rapport à la direction artistique.


Vitrines des Galeries Lafayettes, boulevard Haussmann, Le Noël de ses Rêves, Charles de Vilmorin, 2023.
À gauche, “Le vestiaire du Père Noël” et à droite, “La majestueuse dame étoile".
︎5︎
Neutral Gender : que l’on peut traduire par “Genre neutre”
︎6︎ BIGARRET Luïs, Histoire de bagage, entre itinérance et ubiquité, 2023.
︎6︎ BIGARRET Luïs, Histoire de bagage, entre itinérance et ubiquité, 2023.
3. Transcender l’objet, tout en gardant sa praticité
Pour les suites de cette réflexion et de ces recherches autour de l’objet bagage, s’interroger sur les capacités et la réalité applicables aujourd’hui pour dessiner le bagage de demain, semble-t-être plus qu’une évidence.
Afin d’éviter l’écueil de “l’usine à gaz” ou du concept couteau suisse, il faut, dans un premier temps, chercher à définir et prioriser les lieux propices aux questionnements, et potentiellement ouverts aux transformations en se demandant : est-ce utile dans mon objet ?
Dans le schéma présenté ci-dessous, les zones dessinées en rouge représentent les points les plus fragiles au sein d’un bagage. Ces fragilités sont notamment liées à une forte usure des différentes pièces comme les glissières par une surcharge en vêtements, la poignée par la traction d’une valise trop lourde ou encore les roues par un mauvais sens d’utilisation.

Éclaté d’une valise cabine mettant en avant (en rouge) les parties les plus fragiles,
ou du moins celles susceptibles de se casser en première.
Dans mon article précédent, Compagnon de voyage - cas d’un objet à la fois utile et vivant ︎7︎, j’avais souligné l’intérêt de catégoriser les espaces comme il est d’usage dans le paquetage militaire et le bagage de l’aventurier. À ce moment-là de la réflexion, il était encore question d’une forte catégorisation en 5 parties bien précise notamment.
Allant du nécessaire de valeurs direct à la base de textile lourde, cette intention de répartition avait surtout pour but d’aider l’usager dans la préparation et dans l’organisation de son bagage en voyage. Par ailleurs, de mon côté, cet espace catégorisé se dessinait davantage comme étant une source formelle de création sur laquelle je puisse intervenir et définir l’aspect général de ma pièce.


“Bag n°3a” Luïs Bigarret, 2023, Feutre/ Photomontage
En parallèle de cette réflexion sur le bagage, j’ai pu établir un benchmark et un mapping concurrentiel retraçant un large panel de maisons proposant leur version de la valise cabine standard. La trop grande ressemblance des modèles entre les maisons ainsi que l'écueil, pour certaines propositions, ainsi que l’image couteau suisse souligné plus haut, m’ont permis de pouvoir préciser les choix que je ne souhaite pas présenter dans ce projet. La collaboration Tumi, bagagiste de grands volumes, et McLaren en est le parfait exemple ︎8︎. Parue pour le 60e anniversaire de la marque Tumi en 2023, la collection se voulait croiser les savoir-faire des deux entreprises. Toutefois, la concentration d’un grand nombre de technologies sur un modèle établi et maintes fois réinventé, ne permet pas de positionner cette proposition en tant que réelle innovation mais plus en tant que gadget.
︎7︎
BIGARRET Luïs, Compagnon de voyage - cas d’un objet à la fois utile et vivant, 2023.
︎8︎ Tumi, Collection McLaren, Collection McLaren Luggage | TUMI [Consulté le : 18/12/23]
︎8︎ Tumi, Collection McLaren, Collection McLaren Luggage | TUMI [Consulté le : 18/12/23]
Conclusion
Au travers de cette réflexion, j’ai pu, dans un premier temps, découvrir l’histoire du bagage et de ses nombreuses évolutions au fil des époques. Dans un second temps, j’ai compris que l’objet bagage pouvait induire une forte symbolique, laissant apparaître un fort aspect psychologique. Enfin, j’ai cherché à mettre en avant l’importance pour le bagage, mais également pour la maroquinerie, de se détacher des typologies et des icônes ancrés pour se réinventer.
Finalement, concevoir un accessoire d’aventure éthique et réfléchir semble possible.
Pour avoir rencontré de nombreux acteurs de la filière dont notamment Virginie Trento et Julien Maire, respectivement directrice de l’incubateur de cuir parisien - Au-Delà du Cuir (ADC) et chef de projet chez Faire de Lance (FDL), j’ai pu comprendre qu’un tout nouvel essor arrive dans le secteur du cuir. Conscients des problèmes que la filière peut engendrer, les jeunes créateurs portent un intérêt de plus en plus fort aux matières et aux lieux de productions employés mais également à la technicité de leurs pièces pour se démarquer. Le réel défi aujourd’hui, n’est pas d’arriver à dessiner un sac ou un bagage, mais plutôt de le concevoir, de le produire et de le vendre de manière éthique.
Conscientes également de ces changements, les maisons aussi font évoluer leur réflexion notamment dans le domaine de l'accessoires comme le souligne Virginie Trento.
“Il y a 20 ans, les designers sortaient des écoles de modes et étaient choisis pour leurs capacités à dessiner mais moins pour leurs capacités techniques, d'entreprenariat et de gestions. Ils ont été remplacés, ensuite, par des personnes sortant des écoles de commerce pour leurs capacités de gestion. Aujourd’hui, le domaine de l’accessoire s'intéresse aux designers produits pour ces capacités.” ︎9︎
︎9︎ Extrait interview avec Virginie TRENTO, directrice de l’incubateur de cuir parisien - Au-Delà du Cuir (ADC)
Bibliographie
︎Ouvrages
Fashionary, Bag Design, ed. Fashionary, 2016.
VERCHÈRE Laure, Le pliage by Longchamp, Paris, ed. Assouline, 2014.
Sitographie
︎Blogs
Tout pour l’ouvrier, BALUCHON réf 91300 "ROLAND" - Tout pour l'ouvrier
[Consulté le 04/12/23].
Tumi, Collection McLaren, Collection McLaren Luggage | TUMI
[Consulté le : 18/12/23]
BIGARRET Luïs, Histoire de bagage, entre itinérance et ubiquité, 2023.
BIGARRET Luïs, Compagnon de voyage - cas d’un objet à la fois utile et vivant, 2023.
Remerciements
Un grand merci à Camille BOSQUÉ et Fabienne LELOUP, professeures d’humanités à l’école Boulle et directrices de cet article, pour leurs orientations dans les choix de cet article.
Un grand merci également à Beatriz RECODER, designer accessoires et fondatrice de Reco Paris, Sophie DELAFONTAINE, directrice artistique de la maison Longchamp Paris, Émilie JACQUET, directrice du studio maroquinerie de la maison Longchamp, pour leurs accueils dans les différentes maisons et leurs accompagnements au sein des différentes projets. J’ai pu, grâce à elles, avoir une vision complète et précise de cet univers si particulier qu’est la maroquinerie ces dernières années.
Merci à Virginie TRENTO, Bruno POIRIER et Julien MAIRE pour leurs expertises et leurs précisions sur ce domaine de la maroquinerie et du cuir.
Merci également à mes proches pour leurs points de vue et leurs soutiens.
Contact ︎
︎ bigarret.luis@gmail.com
︎@bigarret.luis
Le projet de diplôme ︎
Dans la continuité de ces premiers articles, j’ai décidé de réinterroger notre bagagerie contemporaine et notamment la valise cabine.
De par mes recherches, j’ai orienté mon projet vers un principe de compartimentation pour inviter l’usager à porter attention à la quantité des objets qu’il a décidé d’emporter avec lui. Cette compartimentation se découpe en 5 catégories : nécessaire de valeurs directes (passeport, billet, portefeuille), base intimité hors corporelle (livre, ordi, libre arbitre de l’usager), nécessaire de toilette, base textile légère & base textile lourde.
En parallèle, il questionne la valise sous son aspect de la fonctionnalité, en s'intéressant d’abord aux multiples poches, point trop souvent délaissé, avant même l’aspect général de l’objet.