Luïs Bigarret
Bagager
Quel est notre rapport au voyage et à l’expédition aujourd’hui ?
Contraint par un contexte contemporain particulier, quel imaginaire de voyage avons-nous ?
Au travers de ces trois articles, la réflexion rencontre différents univers du voyage notamment sous le prisme de l’objet bagage, avec dans un premier temps l’histoire très marquée et très ancrée de celui-ci. Dans un second temps, elle s’intéressera au principe d’expédition contemporaine : comment ce principe peut-il devenir une aide à une industrie en pleine transformation ? Pour enfin terminer par se demander quelle réalité est applicable aujourd’hui.
1/3 : Histoire de bagage, entre itinérance et ubiquité
︎ Octobre 2023
2/3 : Compagnon de voyage, cas d’objet à la fois utile et vivant
︎ Novembre 2023
3/3 : Le bagage - du style au design
︎ Décembre 2023
Article 1
Histoire de bagage,
entre itinérance et ubiquité
“Histoire du bagage” retrace le parcours de cet objet mythique qu’est la valise. D’abord définis par un ensemble de coffre, les bagages étaient des objets essentiels à la vie de nombreux peuples nomades. Imposant par son volume et ses matériaux, le bagage va connaître un renouveau grâce à la Révolution Industrielle, laissant déjà apparaître les prémices de notre valise cabine contemporaine.
Campagne publicitaire Louis Vuitton : Spirit of travel, printemps-été 2014
8 juillet 2023, 7h14 - Trajet en train de Laval / Paris Montparnasse.
“Lever à l’aube pour attraper mon train en gare de Laval. Je reviens d’un court séjour en Bretagne chez mes parents. Sûrement encore engourdi, je ne réalise pas sur l’instant qu’il y a beaucoup de monde dans ce train. Beaucoup d’enfants, de jeunes ados, tous accompagnés d’une personne “adulte” un peu dépassée par la situation.
Il m’est impossible de lire, de me concentrer ou bien même de me déplacer dans le wagon tant l’excitation des vacances est présente dans leurs têtes. Alors, je les regarde, je constate, je réfléchis à tout, à rien, mais surtout à ce que je vais bien pouvoir faire après ce trajet atroce.
À 8h44 et vingt minutes plus tard, je pose enfin le pied sur le quai. L’atmosphère est étrangement pesante. Dans ma tête, j’ai l’impression d’être dans un film de Christopher Nolan où tout est filmé au ralenti, sur une musique d’Hans Zimmer. Je suis directement marqué par la taille démesurée des bagages en comparaison de celle de leurs propriétaires et surtout par la quantité gargantuesque de valises qui attendent sur les quais. Je reste frappé par l’aspect de celles-ci, de mauvaise qualité tant le plastique des coques est marqué par les nombreux voyages. Devant cette scène, absolument ridicule, je reste sans mots.
Pourquoi les gens ont-ils autant de bagages ? Pourquoi d’aussi grosses valises pour des enfants ? Aussi encombrantes, aussi similaires, n’est-ce pas un risque encore plus grand de les perdre ? Qu’imaginent les parents en faisant leur valise ? Que ça va lui servir d’abri quand il sera arrivé en colonie ?”︎1 ︎
Quel pourrait être l’objet qui, de par sa simple évocation, évoquerait dans notre imaginaire collectif les prémices du voyage ? Représentation même du déplacement, la valise (mais encore l’attirail, le ballot, le barda, l’équipement, le paquetage, le coffre, la malle) ou tout simplement le bagage est le contenant ultime de tout ce que nous avons de plus précieux, de plus vital, de plus nécessaire… en somme de plus intime lors d’une expédition. Pourtant, la version contemporaine standardisée de cette petite boîte de cinquante-cinq centimètres de haut entrant dans n’importe quels compartiments ferroviaires et aériens, a considérablement effacé le passé plus flamboyant de cette pièce maîtresse de l’aventure, enterrant au passage un style, une typologie, un vocabulaire d’objets aujourd’hui tombés en désuétude. Avant lui, la malle mais plus encore le coffre a joué un véritable rôle de meuble transportable dans une vie beaucoup moins sédentaire.
Mais alors que reste-t-il de cet imaginaire de voyage ?
Est-il possible de faire renaître la diversité oubliée des objets de voyage ?
Quel serait l’intérêt de revisiter ces objets du passé ?
À partir de ce premier constat, il me paraît plus important de s'intéresser à la standardisation des pièces. En quoi la standardisation d’un format de bagage fige-t-il nos rapports et nos usages au voyage ? En cherchant à toujours simplifier le design, est-ce que l’on ne vient pas effacer l’aspect symbolique même de l’objet bagage ?
Des vestiges qui peuvent subsister du nomadisme passé mais aussi des pièces encore visibles aujourd’hui, je vais questionner l’influence de nos modes de vie et notamment la manière de se déplacer sur la conception de la bagagerie, en interrogeant dans un premier temps les origines du bagage, puis l’apparition du coffre privé (naissance de la valise cabine contemporaine) pour enfin terminer par questionner sur le bagage cabine en se demandant si c’est un modèle encore viable aujourd’hui.
“Lever à l’aube pour attraper mon train en gare de Laval. Je reviens d’un court séjour en Bretagne chez mes parents. Sûrement encore engourdi, je ne réalise pas sur l’instant qu’il y a beaucoup de monde dans ce train. Beaucoup d’enfants, de jeunes ados, tous accompagnés d’une personne “adulte” un peu dépassée par la situation.
Il m’est impossible de lire, de me concentrer ou bien même de me déplacer dans le wagon tant l’excitation des vacances est présente dans leurs têtes. Alors, je les regarde, je constate, je réfléchis à tout, à rien, mais surtout à ce que je vais bien pouvoir faire après ce trajet atroce.
À 8h44 et vingt minutes plus tard, je pose enfin le pied sur le quai. L’atmosphère est étrangement pesante. Dans ma tête, j’ai l’impression d’être dans un film de Christopher Nolan où tout est filmé au ralenti, sur une musique d’Hans Zimmer. Je suis directement marqué par la taille démesurée des bagages en comparaison de celle de leurs propriétaires et surtout par la quantité gargantuesque de valises qui attendent sur les quais. Je reste frappé par l’aspect de celles-ci, de mauvaise qualité tant le plastique des coques est marqué par les nombreux voyages. Devant cette scène, absolument ridicule, je reste sans mots.
Pourquoi les gens ont-ils autant de bagages ? Pourquoi d’aussi grosses valises pour des enfants ? Aussi encombrantes, aussi similaires, n’est-ce pas un risque encore plus grand de les perdre ? Qu’imaginent les parents en faisant leur valise ? Que ça va lui servir d’abri quand il sera arrivé en colonie ?”︎1 ︎
Quel pourrait être l’objet qui, de par sa simple évocation, évoquerait dans notre imaginaire collectif les prémices du voyage ? Représentation même du déplacement, la valise (mais encore l’attirail, le ballot, le barda, l’équipement, le paquetage, le coffre, la malle) ou tout simplement le bagage est le contenant ultime de tout ce que nous avons de plus précieux, de plus vital, de plus nécessaire… en somme de plus intime lors d’une expédition. Pourtant, la version contemporaine standardisée de cette petite boîte de cinquante-cinq centimètres de haut entrant dans n’importe quels compartiments ferroviaires et aériens, a considérablement effacé le passé plus flamboyant de cette pièce maîtresse de l’aventure, enterrant au passage un style, une typologie, un vocabulaire d’objets aujourd’hui tombés en désuétude. Avant lui, la malle mais plus encore le coffre a joué un véritable rôle de meuble transportable dans une vie beaucoup moins sédentaire.
Mais alors que reste-t-il de cet imaginaire de voyage ?
Est-il possible de faire renaître la diversité oubliée des objets de voyage ?
Quel serait l’intérêt de revisiter ces objets du passé ?
À partir de ce premier constat, il me paraît plus important de s'intéresser à la standardisation des pièces. En quoi la standardisation d’un format de bagage fige-t-il nos rapports et nos usages au voyage ? En cherchant à toujours simplifier le design, est-ce que l’on ne vient pas effacer l’aspect symbolique même de l’objet bagage ?
Des vestiges qui peuvent subsister du nomadisme passé mais aussi des pièces encore visibles aujourd’hui, je vais questionner l’influence de nos modes de vie et notamment la manière de se déplacer sur la conception de la bagagerie, en interrogeant dans un premier temps les origines du bagage, puis l’apparition du coffre privé (naissance de la valise cabine contemporaine) pour enfin terminer par questionner sur le bagage cabine en se demandant si c’est un modèle encore viable aujourd’hui.
︎1 ︎ BIGARRET Luïs, “Trajet en train de Laval / Paris Montparnasse.”, Paris, 2023.
1. Les origines du “bagage”
Si l'on s'intéresse d'un peu plus près à la notion de bagage, le mot bagage ne désigne pas un objet en lui-même. Il délimite une catégorie, une typologie, un ensemble d’objets et d’effets que l’on emporte avec soi lors d’un voyage ou d’un déplacement︎2︎.
Au fil des décennies, le terme de bagage, et par résonance de bagagerie, a eu tendance à estomper la multiplicité des objets de voyage. Un bagage aujourd’hui peut aussi bien prendre la forme d’une valise, d’une malle comme d’un sac à main, d’un sac de sport ou bien d’un sac à dos.
Or, d’un point de vue historique, le sac au même titre que la valise ou encore la malle sont des inventions très tardives dans l’histoire du déplacement des populations et de modes de vies qui y sont liés.
Dans son article “Le paradoxe nomade”, extrait du livre Le cas du sac, histoire d’une utopie portative de Farid Chenoune︎3︎, Véronique Schiltz, l’archéologue et historienne de l’art, retrace l’histoire de cet objet qu’est le bagage au travers de l’objet sac, en démontrant que l’imaginaire que nous avons du nomade antique est biaisé.
Au Ve siècle av. J.C., souligne-t-elle, Hérodote s’étonnait déjà de ce mode de vie qu’est le nomadisme en s’interrogeant sur la manière dont ces porte-maison “qui n’ont ni villes ni murailles construites [...] comment ces gens-là ne seraient-ils pas à l’abri des combats et impossibles à joindre ?”︎4︎.
Qu’en est-il de leurs équipements ?
Pour recontextualiser, l’Homme nomade antique n’est pas un marcheur. C’est un cavalier, se déplaçant principalement à dos de monture mais également où “ceux qui en sont incapables vont rejoindre dans des chariots ustensiles et autres ballots”︎5︎. Pour affirmer cela, Véronique Schiltz fait la comparaison avec les peuples d’Asie centrale vivant dans les steppes kazakhes et les montagnes kirghizes. De ces observations, Véronique Schiltz relève que ces peuples cavaliers portent sur eux l'essentiel nécessaire au déplacement︎6︎. Jamais ou dans de très rare cas, un sac est porté en bandoulière et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord une raison fonctionnelle : à dos de monture, porter un sac ou du moins un bagage n’est pas pratique. Il vient bloquer les mouvements et l’aisance du cavalier. Par ailleurs, cela vient fatiguer la monture en alourdissant le poids porté. Et puis pour une raison plus rationnelle : pourquoi faire porter un bagage quand des espaces sont prévus à cet effet ? Le nomade antique ne vit pas que à cheval. Il évolue au sein d’un cortège composé de personnes montées, mais aussi de personnes en chariot. Dans ces chariots sont entreposés coffres et malles nécessaires à la vie des foyers.

Peuple du monde, Cavalier kirghiz ︎7︎
Cette société, où prime l’économie de la mobilité pour survivre, tient toute sa force et son sens dans le principe de non-accumulation et de strict nécessaire︎8︎. Afin de ne pas encombrer les habitations avec le superflu, le coffre joue un rôle d’organisateur et vient cloisonner l’espace de vie tout en le rendant plus agréable. Le but est de créer la stabilité au sein du foyer.
On remarque qu’au fil des époques, cette notion de nomadisme s’est perpétuée et s’est même éloignée des principes de non-accumulation et de strict nécessaire, à l’image des nécessaires de voyage.
Au cours de la seconde moitié du 18e siècle, ces coffrets font leur apparition dans la mobilité des classes et des familles les plus aisées︎9︎. Leurs conceptions et leur légèreté en font des objets indispensables aux actions de la vie quotidienne. Repas, toilettes, correspondances, couture, ces nécessaires de voyage sont conçus pour accueillir un maximum d’objets dans un espace très restreint. Les matériaux les plus précieux et les plus prisés, ainsi que les usages, aussi bien spécifiques que multiples, font de ces coffrets sur-mesure l’objet de toutes les envies, pour ne pas dire fantasmes. Cette diversité d’usages et de propositions adaptés à chaque utilisateur vient renforcer l’idée de vie privée et d’intimité au sein du coffre, notions naissantes en cette fin de siècle tourmenté.


1/ Nécessaire de Voyage, France, Manufacture de Saint Cloud, vers 1740.
Porcelaine tendre, cristal, monture en argent, coffret en palissandre, gainage en soie bleue moirée
H. 18; L. 44,5; l. 37,7 cm
6 tasses et leurs soucoupes, 1 sucrier, 1 théière, 1 pot à crème, 1 bol, 2 boîtes à thé en fer-blanc, 2 flacons plats, 2 flacons cylindriques
Donation Joseph-Henry Fitzhenry, 1909
Inv. 16039 A-N
© Les Arts décoratifs
2/ Nécessaire de toilette, France, vers 1750.
Maroquin, moire de soie, verre, écaille, porcelaine tendre, acier, or, laque.
H.16, L. 25, l. 20
Donation sous réserve d’usufruit, Fernand René Javal, Antoinette Léa Aline Javal, 1937
Inv. 58027 A-K
© Les Arts décoratifs / photo : Jean Tholance
︎2 ︎ La langue française, Llf. Bagage. Définition de bagage | Dictionnaire français
[Consulté le : 19/09/23]
︎3︎ CHENOUNE Farid, Historien de la mode et Professeur aux Arts Décoratifs et à l’institut de la mode, Le cas du sac, histoire d’une utopie portative, Paris, ed. Le passage, 2004.
︎4︎ SCHILTZ Véronique, “Le paradoxe Nomade”, in Le cas du sac, histoires d’une utopie portative, sous la direction de Farid CHENOUNE, Paris, ed. Le passage, 2004, p. 106. L’auteur l’évoque en ces termes : “Au Ve siècle av. J.C., Hérodote, déjà, s’étonne : “Des gens qui n’ont ni villes ni murailles construites mais qui sont tous des porte-maison et des archers à cheval, qui ne vivent pas du labourage mais de leur bétail, qui ont leurs habitations sur des chariots, comment ces gens-là ne seraient-ils pas à l’abri des combats et impossibles à joindre ?”
︎5︎ Ibid., p. 108.
︎6︎ SCHILTZ Véronique, op. cit., p. 108. L’auteur évoque en ces termes : “ce qu’ils portent en bandoulière, ce sont presque toujours des jumelles, parfois un fusil, jamais ou très exceptionnellement un sac.”
︎7︎ Peuple du monde, Cavalier kirghiz, Les Kirghizes, [Consulté le : 21/09/23]
︎8︎ SCHILTZ Véronique, op. cit., p. 106.
︎9︎ GABET Olivier & PITIOT Cloé, Luxes, Paris, ed. MAD, 2020, p. 129. L’auteur l’évoque en ces termes : “La mobilité de la noblesse au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle suscita la création de coffrets, dits nécessaires, renfermant tous les accessoires et ustensiles indispensables au actions de la vie quotidienne, tels la toilette, les repas, la correspondance, la couture…”
[Consulté le : 19/09/23]
︎3︎ CHENOUNE Farid, Historien de la mode et Professeur aux Arts Décoratifs et à l’institut de la mode, Le cas du sac, histoire d’une utopie portative, Paris, ed. Le passage, 2004.
︎4︎ SCHILTZ Véronique, “Le paradoxe Nomade”, in Le cas du sac, histoires d’une utopie portative, sous la direction de Farid CHENOUNE, Paris, ed. Le passage, 2004, p. 106. L’auteur l’évoque en ces termes : “Au Ve siècle av. J.C., Hérodote, déjà, s’étonne : “Des gens qui n’ont ni villes ni murailles construites mais qui sont tous des porte-maison et des archers à cheval, qui ne vivent pas du labourage mais de leur bétail, qui ont leurs habitations sur des chariots, comment ces gens-là ne seraient-ils pas à l’abri des combats et impossibles à joindre ?”
︎5︎ Ibid., p. 108.
︎6︎ SCHILTZ Véronique, op. cit., p. 108. L’auteur évoque en ces termes : “ce qu’ils portent en bandoulière, ce sont presque toujours des jumelles, parfois un fusil, jamais ou très exceptionnellement un sac.”
︎7︎ Peuple du monde, Cavalier kirghiz, Les Kirghizes, [Consulté le : 21/09/23]
︎8︎ SCHILTZ Véronique, op. cit., p. 106.
︎9︎ GABET Olivier & PITIOT Cloé, Luxes, Paris, ed. MAD, 2020, p. 129. L’auteur l’évoque en ces termes : “La mobilité de la noblesse au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle suscita la création de coffrets, dits nécessaires, renfermant tous les accessoires et ustensiles indispensables au actions de la vie quotidienne, tels la toilette, les repas, la correspondance, la couture…”
2. L’apparition du coffre privé -naissance de la valise cabine contemporaine
Le début du 19e siècle marque un véritable tournant dans la bagagerie. Un contexte social nouveau, la multiplicité des voyages et une première révolution industrielle, soulignés par une production de masse plus efficace mais, aussi par l’innovation dans les procédés de fabrication︎10︎, vont amener à reconsidérer la bagagerie tant dans ses usages que dans sa production.
Qu’en est-il réellement du statut de la bagagerie à ce tournant ?
Si le siècle précédent est marqué par les prémices d’un tout nouveau type de voyageur, déjà appelé tourist, c'est seulement à partir du 19e siècle que l’on voit apparaître un véritable renouveau pour les voyages d’exploration et les expéditions scientifiques.
Même si “ces voyages s’inscrivent dans un contexte économique, scientifique et politique de l’expansion européenne dans le monde.”︎11︎ comme le souligne Olivier Loiseaux dans son article L’exploration au 19e siècle : qui, pourquoi, comment ?, ces expéditions ont été, pour le domaine de la bagagerie et de la maroquinerie, un laboratoire de recherches et d’innovations inouïes. Les environnements divers et les climats très changeants, liés aux différents milieux rencontrés, ont permis aux créateurs de pouvoir tester leurs réalisations en conditions réelles.
Le bagage connaît aussi un renouveau dans ses matières. Jusqu’alors utilisé dans de nombreux domaines tels que l’habillement, le soulier, la maroquinerie de luxe, l’aménagement intérieur ou encore les accessoires équestres︎12︎, le cuir, mais surtout son secteur de production connaissent eux aussi une transformation significative. L’introduction des machines et l’utilisation de produits chimiques, tels que les sels de Chrome, ont permis de faciliter le tannage des peaux tout en réduisant considérablement les temps de production︎13︎.
De ces changements majeurs, c’est le métier de malletier, ou layetiers-emballeur, qui va particulièrement évoluer. Cantonné jusqu’alors à la conception de caisses pour les objets du quotidien et les garde-robes volumineuses, le malletier va développer ses savoir-faire, mais va surtout étendre sa gamme d'objets pour répondre à un plus grand nombre d'usagers. De cela, ce sont de véritables industries qui vont naître, d’où émergeront les grandes maisons de la maroquinerie contemporaine, avec notamment une maison en particulier : Louis Vuitton.
Le cas Louis Vuitton représente concrètement ce tournant dans la bagagerie du 19e siècle. L’exposition Volez, Voguez, Voyagez présentée au Grand Palais par la maison elle-même en 2015, retrace l’histoire de ce bagage qui en a fait la renommée.
Arrivé en 1837 à Paris, il fonde sa maison dès 1854 avec une première malle dite plate, “considérer aujourd’hui comme la naissance du bagage moderne”︎14︎ par Olivier Saillard, historien français de la mode. Dès lors, ses produits se démarquent pour leur solidité, leur légèreté, mais surtout pour leur ergonomie. La multitude de malle -armoire, -courrier, -secrétaire, idéale, pour chapeaux et bien d’autres, vont affirmer renommée du jeune créateur qui “emballe avec sûreté les objets les plus fragiles”︎15︎.
Au début du 20e siècle, Louis Vuitton poursuit deux objectifs d’innovation. Dans un premier temps, il cherche à bousculer les codes de la bagagerie avec le Steamer bag* qui se plie, se range facilement et qui peut accueillir une très grande quantité de vêtements. Sa légèreté et sa commodité amorceront la naissance du sac de sport moderne. Son système de fermeture et son corps en cuir & toile, quant à eux, dessineront les premiers sacs à main.
Dans un second temps, il s'intéresse aux innovations par l’expédition avec notamment les premiers vols en avion, où il mettra au point la malle-aéro - nécessaire de garde-robe pour 10 jours en seulement 26 kg. Il suivra également le développement du train avec la malle-cabine pouvant se glisser sous de nombreuses banquettes.
Steamer Bag en toile ayant appartenu à Gaston-Louis Vuitton, vers 1901, collection Louis Vuitton
©Louis Vuitton Malletier / Patrick Gries ︎16︎
Réclame pour l’aviette, Louis Vuitton, 1925
Guides Diamant : Marseille, Aix et environs, éditions Hachette, 1925
︎10︎ Tannerie Radermaker, “L’histoire fascinante du cuir : un voyage à travers les époques”, Chap. Le cuir et la Révolution industrielle, L'histoire fascinante du cuir : Un voyage à travers les époques – Radermecker.
[Consulté le : 25/09/2023].
︎11︎ LOISEAUX Olivier, conservateur général au département des cartes et des plans de la BnF, “L’exploration au 19e siècle : qui, pourquoi, comment ?” https://essentiels.bnf.fr/fr/histoire/19e-siecle/c3f9f946-1d01-4ebd-bcb1-ba8b0a6f31d5-visages-et-images-lexploration-19e-siecle/article/4c8e158a-b3f6-47e1-bec4-f725195a7a3f-exploration-19e-siecle-qui-pourquoi-comment
[Consulté le : 25/09/23]
︎12︎Tannerie Radermaker, op. cit., chap. Le cuir à la Renaissance et Période moderne.
︎13︎ Tannerie Radermaker, op. cit., chap. Le cuir et la Révolution industrielle.
︎14︎ SAILLARD Olivier, Volez, Voguez, Voyagez, Paris, ed. Assouline, 2015, p.6.
︎15︎ Ibid., p. 32.
* Steamer bag, que l’on peut traduire par Sac de Bâteau à vapeur
︎16︎ SAILLARD Olivier pour Les échos, “Volez, Voguez, Voyagez” à New York, « Volez, Voguez, Voyagez » à New York | Série Limitée
[Consulté le : 28/09/23].
︎17︎ SAILLARD Olivier, op. cit., p.188. L’auteur l’évoque en ces termes : “Les sacs de voyage modèle Square Mouth ou Gladstone, les porte-habits, les sacs de nuit en cuir cognac ou charbon s’affichant au bras des nomades contemporains.”
[Consulté le : 25/09/2023].
︎11︎ LOISEAUX Olivier, conservateur général au département des cartes et des plans de la BnF, “L’exploration au 19e siècle : qui, pourquoi, comment ?” https://essentiels.bnf.fr/fr/histoire/19e-siecle/c3f9f946-1d01-4ebd-bcb1-ba8b0a6f31d5-visages-et-images-lexploration-19e-siecle/article/4c8e158a-b3f6-47e1-bec4-f725195a7a3f-exploration-19e-siecle-qui-pourquoi-comment
[Consulté le : 25/09/23]
︎12︎Tannerie Radermaker, op. cit., chap. Le cuir à la Renaissance et Période moderne.
︎13︎ Tannerie Radermaker, op. cit., chap. Le cuir et la Révolution industrielle.
︎14︎ SAILLARD Olivier, Volez, Voguez, Voyagez, Paris, ed. Assouline, 2015, p.6.
︎15︎ Ibid., p. 32.
* Steamer bag, que l’on peut traduire par Sac de Bâteau à vapeur
︎16︎ SAILLARD Olivier pour Les échos, “Volez, Voguez, Voyagez” à New York, « Volez, Voguez, Voyagez » à New York | Série Limitée
[Consulté le : 28/09/23].
︎17︎ SAILLARD Olivier, op. cit., p.188. L’auteur l’évoque en ces termes : “Les sacs de voyage modèle Square Mouth ou Gladstone, les porte-habits, les sacs de nuit en cuir cognac ou charbon s’affichant au bras des nomades contemporains.”
3. Le bagage cabine, modèle encore viable aujourd’hui ?
Le terme de touriste apparaît réellement en 1841, même année où Thomas Cook, homme d’affaires britannique et pionnier du secteur touristique, ouvre sa première agence de voyage. Toutefois, le terme de touriste, ou plus exactement tourist, est introduit quelques décennies plutôt par les aristocrates anglais réalisant le Grand Tour, un voyage au travers de l’Europe et notamment en France, en Italie et en Suisse︎18︎. Outre Manche, le terme est utilisé pour définir ces “voyageurs qui ne parcourent des pays étrangers que par curiosité et désœuvrement” comme le souligne le Littré︎19︎. C’est réellement Stendhal qui va démocratiser le terme avec Mémoires d’un touriste, publié en 1838.
Aujourd'hui, si le terme de tourisme est resté, sa définition a pas mal évolué tout comme son industrie. Longtemps employé pour souligner son accroissement fulgurant, le tourisme de masse a dernièrement été supplanté par la notion de surtourisme. Celle-ci, catégorisant les endroits où le nombre de touristes y est trop élevé et pouvant ainsi causer l’endommagement des lieux en question︎20︎. Mais déjà, dès les années 1990, Marc Augé, anthropologue français, soulignait l’illogisme de ces voyageurs qui participent à un tourisme quadrillé et standardisé, s’exposant “dans le meilleur des cas, à ne trouver que ce qu’ils attendaient [...]”︎21︎ et se satisfaisant de pseudo-contacts sociaux, culturels et écologiques locaux.
“Et nous, qu’avons-nous fait de nos voyages et de nos découvertes ? Quel plaisir pourrions-nous prendre aujourd’hui au spectacle stéréotypé d’un monde globalisé et grande partie misérable ?
Entendons-nous bien : voyager, oui, il faut voyager, il faudrait voyager. Mais surtout ne pas faire de tourisme. Ces agences qui quadrillent la terre, qui l’ont divisée en parcours, en séjours, en clubs, soigneusement préservés de toute proximité sociale abusive, qui ont fait de la nature un “produit”, comme d’autres voudraient faire de la littérature et de l’art, sont les premières responsables de la mise en fiction du monde, de sa réalisation d’apparence [...]”︎22︎
Si l’on regarde d’un peu plus près à cette machinerie, il est intéressant de se questionner sur les nombreux acteurs qui la composent et surtout de se demander : comment notre imaginaire de l’expédition peut-il être modelé ?
Du point de vue de la bagagerie, tout autant que la maroquinerie, le designer a sa part de responsabilité. Pour avoir travaillé au sein de studio de création dans ce milieu, tant pour des grandes maisons que pour des jeunes créateurs, il m’est arrivé de voir l’envers de ce décor très concurrentiel qu’est l'accessoire de mode. Dans ce domaine où l’apparence et la désirabilité règnent en maître souvent au dépens de la fonctionnalité, la standardisation de l’objet, aussi bien valise, sac à dos, sac de voyage, ou encore sac à main, se justifie par différents facteurs.
Dans un premier temps, j'ai pu remarquer que le contexte économique très puissant, lié à un marché ultra compétitif et saturé, a tendance à brider la création et les choix du designer. Aspect des matières premières et leurs touchers, coutures, pièces métalliques, doublures, fils, nombre de poches, le moindre détail de l’objet est examiné de manière à tirer le coût de revient ︎23︎vers le bas et permettre, ainsi, de réaliser une plus grande marge.
Dans un second temps, j’ai compris que le contexte temporel ultrarapide︎24︎, sûrement obsolète, induit par un contexte économique encore une fois trop puissant, ne permet pas au designer de correctement définir sa ou ses cibles pour l’objet qu’il est en train de concevoir. À titre d’exemple, bon nombre de fois, j’ai dû me contenter d’une réponse toute faite : la Parisienne, femme active, à la fois chic et branchée. Qui est cette personne ? Quelles sont ses habitudes ? Quelles sont ses envies ? A-t-elle besoin d’un sac réellement ?
Le problème de ce genre de réponses, à la fois vide et opaque, c’est qu’elles sont basées sur des imaginaires collectifs utilisés, déformés et recyclés au fil des collections, sans jamais être remis en question par les besoins ou même les envies des usagers. On voit alors apparaître des grandes similitudes dans les dessins des objets entre les maisons.
N’est-ce pas le travail du designer de remettre en question ?
Que ce soit en bagagerie avec la valise ou en maroquinerie avec le sac à main, le contexte économique souverain, le contexte temporel accru et le manque de considération du public visé ne permettent pas au designer de développer et de proposer de nouveaux détails adaptés, à la fois esthétique et technique, nécessaires à la maroquinerie. Le dessin d’une poche ou d’un rabat par sa fonctionnalité permettrait de pousser l’esthétisme à un degré plus élaboré tout en touchant un panel d’usagers plus large qui s'intéressent aussi aux détails ergonomiques. Cette autre entrée du dessin, par la fonctionnalité, permettrait alors d’assurer une plus grande pérennité à l’objet.
Birkin Cargo 35, Cuir et toile sésame, Pièces métalliques en palladium, 2020.︎25︎
Prix entre 30 000€ - 45 000€
︎18︎ La malle en coin, “Histoire du Voyage”, Chap. Au XVIIIe siècle, Histoire générale
[Consulté le : 25/09/23]
︎19︎ Le dictionnaire du Littré, Définition du touriste, touriste - définition, citations, étymologie
[ Consulté le : 28/09/23]
︎20︎ La langue française, Llf. Surtourisme Définition de surtourisme | Dictionnaire français
[Consulté le : 29/09/23]
︎21︎ AUGÉ Marc, L’impossible voyage : le tourisme et ses images, Paris, ed. Poche, 1997, p. 12.
︎22︎ AUGÉ Marc, op. cit., p. 14.
︎23︎ Coût rassemblant l’achat des matières premières, des accessoires métalliques et la main d'œuvre. Ce coût influe sur la détermination du prix d’achat et ne doit pas être dépassé pour éviter de vendre à perte.
︎24︎ À noter que :
1868 : Premier défilé de mode par Charles-Frédéric Worth, 2 collections.
2022 : Le magazine Ancré dénombre 17 fashion week à travers le monde Au fait y a combien de Fashion Week par an
[Consulté le : 29/09/23]
La Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM) comptait, quant à elle, 201 défilés inscrits au calendrier de la Paris Fashion Week sur l’année. Paris Fashion Week 2023
[Consulté le : 29/09/23]
︎25︎ 1984 : Dessiné sur un vol Paris-Londres, Jane BIRKIN raconte l’histoire de sa rencontre avec Axel DUMAS, gérant d’Hermès, Jane Birkin nous racontait l'histoire du sac Hermès : le "Birkin" - YouTube
[Consulté le : 29/09/23]
[Consulté le : 25/09/23]
︎19︎ Le dictionnaire du Littré, Définition du touriste, touriste - définition, citations, étymologie
[ Consulté le : 28/09/23]
︎20︎ La langue française, Llf. Surtourisme Définition de surtourisme | Dictionnaire français
[Consulté le : 29/09/23]
︎21︎ AUGÉ Marc, L’impossible voyage : le tourisme et ses images, Paris, ed. Poche, 1997, p. 12.
︎22︎ AUGÉ Marc, op. cit., p. 14.
︎23︎ Coût rassemblant l’achat des matières premières, des accessoires métalliques et la main d'œuvre. Ce coût influe sur la détermination du prix d’achat et ne doit pas être dépassé pour éviter de vendre à perte.
︎24︎ À noter que :
1868 : Premier défilé de mode par Charles-Frédéric Worth, 2 collections.
2022 : Le magazine Ancré dénombre 17 fashion week à travers le monde Au fait y a combien de Fashion Week par an
[Consulté le : 29/09/23]
La Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM) comptait, quant à elle, 201 défilés inscrits au calendrier de la Paris Fashion Week sur l’année. Paris Fashion Week 2023
[Consulté le : 29/09/23]
︎25︎ 1984 : Dessiné sur un vol Paris-Londres, Jane BIRKIN raconte l’histoire de sa rencontre avec Axel DUMAS, gérant d’Hermès, Jane Birkin nous racontait l'histoire du sac Hermès : le "Birkin" - YouTube
[Consulté le : 29/09/23]
Conclusion
Après avoir retracé l'histoire du bagage, ses origines et ses évolutions grâce aux expéditions, après avoir compris que l’influence de ces expéditions, territoire de recherches très fertile, a permis le déploiement de tout un imaginaire poussant l’objet au statut de symbole et enfin après avoir vu que la standardisation d’un modèle, lié à une économie accrue, a eu tendance à effacer l’aspect plus aventureux de l’objet vu auparavant, que va-t-il advenir pour notre bagage ? Est-ce la fin de l’ère du bagage ? À l’image de la compagnie aérienne, Japan Airlines, qui met en place pour 2024 un tout nouveau service de location de vêtements de saison afin d’alléger ou même de voyager sans sa valise︎26︎. Présenté comme étant une mesure écologique, le concept “Any Wear, anywhere” remet en question, avant tout, nos rapports au conformisme de plus en plus affiché.
Si le voyage contemporain, conséquence aussi de nos modes de vie actuels, montre une vision biaisée et vide de l’expédition allant même jusqu’à l’absurde, finalement, est-ce que l’expédition, même, est-elle encore possible ?
Indirectement, Julien Blanc-Gras, écrivain et journaliste-reporter français, s’est intéressé à cette question. Dans son livre Touriste︎27︎, en soulignant sa passion pour la géographie, il se questionne sur sa place dans le monde et nous apporte une vision nouvelle de ce qu’est l’expédition aujourd’hui au travers du prisme touristique. Bien loin des séjours en club organisé, l’aspect engagé dans son récit remet en avant l'enrichissement immatériel personnel que l’on a pu voir lors des premières expéditions. De plus, l’aspect Globe-trotter vivant au jour le jour, “Je me débrouillerai pour dénicher mes ressources.”︎28︎, n’est pas sans rappeler la vision historiciste du nomadisme.
︎26︎ CARION Sasha, Géo, Japan Airlines propose un service de location de vêtements pour alléger sa valise, Japan Airlines propose un service de location de vêtements pour alléger sa valise - Geo.fr
[Consulté le : 25/09/23]
︎27︎ BLANC-GRAS Julien, Touriste, ed.Poche, 2013.
︎28︎ BLANC-GRAS Julien, op. cit., p. 12.
[Consulté le : 25/09/23]
︎27︎ BLANC-GRAS Julien, Touriste, ed.Poche, 2013.
︎28︎ BLANC-GRAS Julien, op. cit., p. 12.
Bibliographie
︎Ouvrages
BLANC-GRAS Julien, Touriste, ed.Poche, 2013.
SAILLARD Olivier, Volez, Voguez, Voyagez, Paris, ed. Assouline, 2020.
TORDEUR Matthieu, Le Continent Blanc : 51 jours seul en Antarctique, ed. Poche, 2020.
︎Chapitres d’ouvrages
AUGÉ Marc, L’impossible voyage : le tourisme et ses images, Paris, ed. Poche, 1997, p. 14.
Fondation Louis Vuitton, Volez Voguez Voyagez, Paris, ed. Assouline, 2016.
GABET Olivier, PITIOT Cloé, “Nécessaire de voyage”, in Luxes, Paris, ed. MAD, 2020, p. 129.
SCHILTZ Véronique, “Le paradoxe Nomade”, in Le cas du sac, histoires d’une utopie portative, sous la direction de Farid CHENOUNE, Paris, ed. Le passage, 2004, p. 106.
Sitographie
︎Définitions
La langue française, Llf. Bagage. Définition de bagage | Dictionnaire français
[Consulté le : 19/09/23]
Le dictionnaire du Littré, Définition du touriste, touriste - définition, citations, étymologie
[Consulté le : 28/09/23]
La langue française, Llf. Surtourisme Définition de surtourisme | Dictionnaire français
[Consulté le : 29/09/23]
︎Blogs
Peuple du monde, Cavalier Kirghiz, Les Kirghizes
[Consulté le : 21/09/23]
Tannerie Radermaker, “L’histoire fascinante du cuir : un voyage à travers les époques”, L'histoire fascinante du cuir : Un voyage à travers les époques – Radermecker.
[Consulté le : 25/09/2023].
LOISEAUX Olivier, conservateur général au département des cartes et des plans de la BnF, “L’exploration au 19e siècle : qui, pourquoi, comment ?” https://essentiels.bnf.fr/fr/histoire/19e-siecle/c3f9f946-1d01-4ebd-bcb1-ba8b0a6f31d5-visages-et-images-lexploration-19e-siecle/article/4c8e158a-b3f6-47e1-bec4-f725195a7a3f-exploration-19e-siecle-qui-pourquoi-comment [Consulté le : 25/09/23]
La malle en coin, “Histoire du Voyage”, Chap. Au XVIIIe siècle, Histoire générale
[Consulté le : 25/09/23]
︎Articles de presse
CARION Sasha, Géo, Japan Airlines propose un service de location de vêtements pour alléger sa valise, Japan Airlines propose un service de location de vêtements pour alléger sa valise - Geo.fr
[Consulté le : 25/09/23]
SAILLARD Olivier, Les échos (série limité) « Volez, Voguez, Voyagez » à New York | Série Limitée [Consulté le : 28/09/23]
Le magazine Ancré, Au fait y a combien de Fashion Week par an ?, https://ancre-magazine.com/fashion-week-calendrier-saisons-combien-guide/
[Consulté le : 29/09/23]
Contact ︎
︎ bigarret.luis@gmail.com
︎@bigarret.luis
Le projet de diplôme ︎
Dans la continuité de ces premiers articles, j’ai décidé de réinterroger notre bagagerie contemporaine et notamment la valise cabine.
De par mes recherches, j’ai orienté mon projet vers un principe de compartimentation pour inviter l’usager à porter attention à la quantité des objets qu’il a décidé d’emporter avec lui. Cette compartimentation se découpe en 5 catégories : nécessaire de valeurs directes (passeport, billet, portefeuille), base intimité hors corporelle (livre, ordi, libre arbitre de l’usager), nécessaire de toilette, base textile légère & base textile lourde.
En parallèle, il questionne la valise sous son aspect de la fonctionnalité, en s'intéressant d’abord aux multiples poches, point trop souvent délaissé, avant même l’aspect général de l’objet.

“Bag n°1”, Luïs Bigarret, 2023, Feutre /Encre.