Ludovic Pince
Corps Tubulaires
Ce mémoire interroge le tube d’acier comme une ligne de force oscillant entre la contrainte urbaine et l’orfèvrerie technique. Il questionne la mutation de ce matériau paradoxal vide enrobé de métal qui, de la silhouette anonyme de la barrière de ville à la structure tendue du cadre de vélo, dessine notre rapport à la limite et à la structure. Il s’agira d’analyser comment l’intelligence du geste artisanal et la précision du profilé permettent de transformer une matière banalisée par l’industrie en un langage esthétique fondé sur la sincérité du raccord.
1/3 : Anatomie d’une barrière
︎ Novembre 2025
2/3 : L’intelligence du lien : sculpter la jonction pour libérer le tube
︎ Janvier 2026
3/3 : Transposer l’orfèvrerie du cadre
︎ Février 2026
Article 3
Transposer l’orfèvrerie du cadre
Après avoir observé le ‘tube’ dans la rue et tracé ses secrets dans son atelier, une envie s’est installée, celle de passer de l’autre côté, faire le pas. Quitter le rôle de celui qui regarde pour devenir celui qui fait. Ici le tube n’est plus seulement un objet d’étude, il devient mon outil à dessiner, à habiter l’espace qui m’entoure.
Ce chapitre se veut de ramener l’intelligence du vélo à la maison. Je ne veux pas copier le cadre, je veux en voler l’esprit. Cette façon de venir traquer le poids superflu, cette tension qui fait qu’une structure semble tenir par la seule force de sa logique. Dans la manufacture Avalanche Cycles j’ai pu voir que le travail du métal était une orfèvrerie du savoir faire, c’est ce que j’ai envie de sortir de son atelier en sortant ce savoir faire de la triangulation du vélo afin de l’ouvrir à de nouvelles échelles.

Production personnelle 3D, Paris, 2025.
I. L’intelligence du cadre appliqué à l’objet
a. L’économie de matière comme esthètique
Concevoir du mobilier comme on conçoit un vélo, c’est accepter de mettre l’objet à nue.Dans l’atelier, j’ai appris que le tube est une matière honnête: il ne sait pas tricher.
Chaque ligne, chaque courbe doit avoir une raison d’être la, une mission pour soutenir le corps ou l’objet. Je veux reprendre cette rigueur du cadreur qui va jusqu'à un gramme de trop, non pas pour aller plus vite, mais pour trouver le juste geste. Cependant, un paradoxe semble exister entre la nécessité et la limite d’une démarche éco-responsable. En effet, à la fois il paraît impératif de changer nos modes de production et de consommation dans le domaine vestimentaire, et à la fois tout ce que l’on met en place afin de produire mieux paraît dérisoire.
Photographie, Avalanche Cycles, 2019.
Dans mon travail, la beauté ne vient pas pour moi de ce qu'on ajoute, mais de ce que l’on ose enlever. C’est un peu l’idée d’une “structure nue”. Je ne veux pas cacher la mécanique sous un “habillage”, l’idée est de voir le squelette structurel. En essayant d’optimiser la matière, je me veux de créer un mobilier qui respire, une sensation de légèreté laissant penser un objet flottant dans l’espace, une silhouette exprimant sa propre solidité sans avoir à le montrer.
Cette approche vient faire écho au travail du designer qui voit le meuble un peu comme une architecture de l’essentiel. Je pense à Ss, où il utilise la technologie industrielle pour créer une structure qui ressemble à une peau tendue sur un squelette, sans aucun artifice. Ou encore au travail du studio de design Kasper Kjeldgaard, qui joue avec la tension et l'équilibre des lignes métalliques pour créer des objets qui semblent ne tenir que par un fil, mais dont la stabilité est absolue. Ils ne dessinent pas des meubles, ils dessinent des forces.
CHASSIS for WILKHAHN , Stefan Diez, 2011.
b. S'affranchir de la route pour une liberté d’échelle
Le vélo est une machine magnifique, mais c’est une machine prisonnière. Elle est coincée entre deux roues et condamnée à respecter les mesures strictes du corps humain. Pour le cadreur, chaque millimètre est une bataille contre le poids et la route. En déplaçant ce savoir-faire vers le mobilier, j’ai le sentiment de libérer le tube. Je quitte le bitume pour entrer dans l’espace libre du salon, là où les contraintes ne sont plus les mêmes.
S’affranchir de la route, c’est s’autoriser à changer d’échelle. Dans le mobilier, le tube peut enfin respirer : il peut s’étirer plus largement, descendre plus bas, ou s’entrelacer de manière plus complexe. Je ne cherche plus la performance d'une machine qui roule, mais le confort d'un objet qui habite. Je profite de cette absence de chocs et de vitesse pour explorer des géométries que le vélo s’interdit. Le tube devient alors un énorme trait de crayon avec lequel je peux dessiner des assises généreuses ou des tables aériennes, sans avoir peur qu'une grossièreté ne brise ma structure.
Ce changement d’échelle se traduit par une volonté de donner une valeur autre à la matière en la faisant sortir de son contexte ce qui vient procurer au spectateur une autre approche de l’objet. Par exemple le groupe Open Structures, ont travaillé pour sur le JAM Hotel à Ghent, afin de créer des structures pour lits à partir de tubes et de leurs propres quincailleries, ce design modulaire offre une grande variété de mise en espace de l’objet via le tube.
Hotel Beds, Open Structures, 2024.
Enfin de compte ma position est là : je veux utiliser la haute précision du vélo pour fabriquer des objets que le vélo n'aurait jamais osé imaginer. Je veux que mes meubles gardent cette tension nerveuse du cadre de course, mais qu'ils se déploient avec la paresse et l'élégance d'une forme qui n'a plus besoin de courir. C’est en changeant d’échelle que je redonne au tube sa puissance graphique : il n’est plus un composant mécanique, il devient l’architecture d’un nouvel usage : l’objet.c) Le passage au salon : une orfèvrerie statique.
Le vélo est une orfèvre du mouvement, une ligne tendue qui ne pèse rien pour mieux s'élancer. Mon projet est une invitation à faire passer ce savoir-faire de l'autre côté du mur. Il ne s'agit plus de courir contre le temps ou le vent, mais d'installer cette élégance dans le silence d'une pièce. Je veux transformer la performance de l'élégance et de l’efficacité technique, cette course après la légèreté en une simple "présence" : un objet qui ne bouge plus, mais qui continue de vibrer par la justesse de son trait.
Production personnelle 3D, Paris, 2025.
Faire entrer le tube de cadre dans l’habitat, c’est calmer la machine pour en révéler la finesse. Dans un salon, l’œil a enfin le temps de se poser. On ne survole plus l’objet, on l’habite. Je veux que mes meubles conservent cette nervosité du vélo, cette impression qu'ils pourraient s'envoler, tout en offrant la stabilité rassurante d'un refuge. C’est un transfert d'énergie : l’acier quitte le bitume pour devenir une ossature domestique, une sculpture immobile qui porte nos moments de vie avec la même précision qu'un cadre de course porte un champion.
Clavex, Maximum, 2016.
Cette transition vers un métal sensible, presque fragile en apparence, se retrouve dans les structures de Kasper Kjeldgaard. Il compose avec le laiton et l'acier comme s'il s'agissait de mobiles, créant un mobilier qui semble tenir en équilibre par un fil. On perçoit aussi cette poésie du squelette chez le studio Muller Van Severen, qui utilise le tube non pas pour remplir l'espace, mais pour le découper avec des lignes colorées et épurées. Chez eux, comme dans mon projet, le métal n'est jamais lourd, il est un squelette aérien.

Duo Seat + Lamps, Muller Van Severen, 2011.
Ma position de designer est de créer ce pont entre deux mondes qui s'ignorent. Je veux offrir au quotidien une pièce qui respire l’intelligence d'Avalanche Cycle, où chaque détail technique devient un plaisir pour les yeux. Ce n’est plus un outil que l’on range après l’effort, c’est une structure qui reste, qui nous accueille, et qui nous prouve que le fer peut être aussi délicat qu'une caresse.
II. Le nœud comme manifeste : l'impression 3D au service de la fluidité du dessin
a. La jonction générative : prolonger le geste
Si le cadreur utilise la « gueule de loup » pour marier deux tubes, l’impression 3D me permet de dessiner leur étreinte. Dans mon projet, le numérique ne vient pas remplacer la main, il vient l'aider à aller plus loin, là où le métal refuse d'ordinaire de se plier. Cette pièce imprimée n'est pas un accessoire, c’est le muscle qui permet au squelette de changer de direction sans jamais casser la ligne.
Projet Mova, Eglistudio, 2025.
Mon intention est de créer une structure où l'on ne devine plus la coupure. Je veux que le regard glisse d'un profilé rond à un tube ovalisé comme si la matière s'écoulait naturellement, sans buter sur un angle ou une soudure grossière. L'impression 3D devient ce traducteur universel capable d'encaisser des formes différentes des tubes épais, coniques ou aplatis pour les fondre dans une même fluidité. C’est ici que je retrouve le mouvement du vélo : même immobile dans un salon, le mobilier semble animé par une circulation invisible, un trait continu qui ne s'arrête jamais.
Photographie, Cadre Urwah, 2021.
Cette quête du « nœud » parfait, presque biologique, me rappelle le travail expérimental de Joris Laarman avec ses chaises génératives, où la matière ne se place que là où elle est utile, créant des formes qui ressemblent à des os. Je pense aussi aux recherches de Tom Dixon, qui transforme des calculs mathématiques en structures métalliques d'une finesse extrême. Ils ne voient pas le métal comme une barre rigide, mais comme une peau capable de se métamorphoser.
Pylon Chair, Tom Dixon, 1991.
b. De la main au curseur : sculpter la liaison
L’impression 3D n’est pas une solution automatique, c’est un outil de modelage. Tout commence par une esquisse à la main, un dessin imparfait qui cherche à tâtons comment marier deux lignes. C’est sur Blender que le projet bascule : je viens sculpter chaque jonction comme une pièce unique, une micro-sculpture qui s’adapte au millimètre près aux différents profilés ronds, ovalisés ou coniques.

Production personnelle 3D, Paris, 2025.
Le logiciel devient le prolongement de mes doigts. Il me permet de perfectionner l'intention première, de lisser les angles et d’insuffler de la souplesse dans des ossatures initialement rectilignes. C’est l’intelligence de la main qui ramène cette fluidité organique au cœur de l'acier. Je « soigne » le métal numériquement pour que le passage d’un tube à l’autre devienne une transition sans couture, un mouvement figé dans la masse.
Production personnelle 3D, Paris, 2025.
Cette démarche de sculpteur virtuel résonne avec le travail d'artistes 3D comme @poohmipuns ou encore @1800levitate, qui réalisent des modélisations fluides en travaillant la composition du maillage. On retrouve aussi cette fluidité chez des designers numériques comme Vincent Schwenk, qui transforment la rigidité des matériaux en courbes liquides.
Travaux 3D, Vincent Schwenk, 2024.
c. Changer la focale : le raccord comme point d’orgue
Dans le mobilier ordinaire, on détourne les yeux des assemblages. La soudure est une couture que l’on cache, un secret industriel que l’on recouvre de peinture pour ne plus le voir. Mon projet se veut de proposer l’inverse : je veux que le regard s’arrête précisément là où les tubes se rencontrent. Le nœud n’est plus une pièce de l’ombre, il devient le cœur de la structure, le point d’attention où la technique se transforme en esthétique.
Stool, Projet Standard, 2024.
Cette recherche dessine un lien évident avec la structure osseuse. Nos os sont comme ces tubes : des cylindres de vie, légers et creux, ou la force n’est pas dans la masse, mais dans la perfection des liaisons. Le nœud imprimé en 3D joue le rôle d'une rotule ; il est cette hanche ou cette épaule d'acier qui permet au meuble de rester souple et tendu. En dessinant ces jonctions comme des articulations, je quitte la mécanique froide pour entrer dans une biologie du métal. Le raccord ne coupe plus la ligne, il devient le muscle qui la dirige, comme si l’objet avait trouvé sa propre croissance, sa propre logique naturelle.

Kape Chair, Industrial Facility, 2026.
Cette vision d'une structure "osseuse" fait écho aux structures naturelles du photographe Karl Blossfeldt, qui révélait dans ses clichés la construction architecturale des plantes, montrant que la nature ne fait jamais de jonctions inutiles.

Sans titre, Photographie, Karl Blossfeldt, 1928.
Ma position est de faire du détail technique un spectacle visuel. Je veux que l'on ait envie d'effleurer ces nœuds pour sentir la douceur de la courbe et la solidité du lien. En changeant ainsi la focale, je transforme l'effort en grâce. Le mobilier n'est plus un simple empilement de métal, il devient un paysage de lignes et de points de tension, un squelette raffiné où la complexité s'efface derrière la beauté d'une structure enfin mise à nue.
Parish Chair, Konstantin Grcic, 2013.
III. L’émancipation de la structure : du cadre de course à l'espace de vie
a) Briser le triangle : l'invention d'une nouvelle souplesseLe vélo est une machine parfaite, mais c’est une machine sous tension, enfermée dans sa géométrie en triangle pour ne pas rompre sous l’effort. Mon défi de designer est de libérer le tube de cette prison mécanique. S’émanciper de la triangulation, c’est s’autoriser enfin des courbes plus larges, des lignes qui s'étirent et des formes qui respirent sans avoir à répondre à une quête de performance pure.

Production personnelle 3D, Paris, 2025.
Dans mon mobilier, je cherche à transformer la raideur du cadre de course en une souplesse qui accueille. Je ne construis plus pour la vitesse, mais pour le repos. En déplaçant les limites de l’acier, je transforme une technique de survie en une poésie du confort. Le tube peut alors se permettre d'être plus bas, plus aérien, de dessiner des porte-à-faux audacieux que la route interdisait. C’est ici que mon dessin prend tout son sens : je garde la nervosité du métal, mais je lui insuffle une paresse élégante.
Mon projet se referme ainsi sur une réconciliation. Le tube, que j'ai d'abord rencontré comme une barrière froide et anonyme dans la rue, devient ici une ossature tendre et habitée. Il ne sépare plus, il n'est plus un obstacle ; il devient un trait de crayon dans l'espace qui invite à s'asseoir. En brisant le triangle, je prouve que même le métal le plus dur peut apprendre la douceur lorsqu'il quitte le bitume pour le salon. C'est ma manière de rendre au tube sa liberté, et à l'usager, un objet qui a une âme.
b) Le prix de la vérité : entre rareté et durabilité
Travailler de cette manière, en sculptant chaque nœud en 3D avant de le lier à l'acier, c'est forcément faire un choix qui va à contre-courant. Lors de mes échanges chez Avalanche Cycle, j’ai compris leurs enjeux : pour eux, chaque cadre est un combat pour la précision et chaque heure passée à l’établi doit se justifier. Ils ne luttent pas contre les usines, ils proposent une autre route. En m'immergeant dans leur quotidien, j’ai réalisé que mon projet devait porter la même responsabilité.
Mon positionnement est celui d'une simplicité exigeante. Je ne cherche pas à faire du luxe pour le luxe, mais à respecter le temps nécessaire pour que l'objet soit juste. Utiliser leur savoir-faire et y ajouter l'impression 3D, c'est accepter que la qualité de la production a un coût, celui du temps de l'artisan et de l'intelligence de la machine.
À ma manière, je veux montrer que la valeur d'un meuble ne réside pas dans son habillage, mais dans la solidité de son squelette. Pour moi, le design durable, c’est d'abord cela : une économie de l’attention. Je préfère imaginer une structure nue, exigeante à produire, mais que l'on gardera toute une vie. C’est un pari sur la durée qui rend hommage à l'atelier : fabriquer moins, fabriquer "vrai", et redonner au tube la dignité qu'il mérite.
Conclusion
C’est en portant mon regard sur la raideur de ces structures qui m’entourent que je parviens à définir l’enjeu de ce dernier chapitre. Au-delà d’un défi technique qui repose sur la précision de l’impression 3D acier, l’intérêt de poursuivre ma quête du tube par le biais de l’orfèvrerie cycliste repose sur un désir : celui de la rencontre.
C’est l’ambition de flouter la frontière entre la machine et l’objet domestique. Lui donner une âme et le rendre paradoxalement léger me tient en haleine. L’objectif du nœud, mis en avant par la fluidité numérique et la force du métal, est de créer un nouveau « corps ». Un corps de construction qui n’est plus qu’un simple assemblage mécanique. La jonction, raccord industriel et technique, devient alors le langage graphique de l’artisan.
Quelles sont ces structures habitées ? Les voici. Elles sont celles qui sont capables de se libérer du triangle pour devenir des courbes, pour devenir des silhouettes. Elles sont celles qui ont le pouvoir de migrer de la route au salon, de faire du designer un sculpteur de vide.
Bibliographie
︎Articles
2et4roues, « L’impression 3D métal dans le monde du vélo », 2021.
Velomotion, « Cadre en acier Urwahn Bikes de l’imprimante 3D », 2021.
Jellypipe, « Impression 3D métal FDM pour un vélo professionnel personnalisé », 2022.
Espaces Atypiques, « Les formes arrondies ou comment le design tubulaire se réinvite dans les tendances », 2024.
Blog Esprit Design, « Initiation : Quand le design devient jeu, rencontre et transmission par Amaury Poudray », 2025.
Houzz, « Zoom mobilier : Le meuble tubulaire », 2020.
Versailles Archi, « Paysages urbains en mutation : Regard, mouvement, perception », 2024.
︎Ouvrages
- POUDRAY, Amaury, Arrangements, Créaphis Éditions, 2016.
- YUDINA, Anna, Furniture that transforms space, Thames & Hudson, 2015.
- LA CASA, Eric, Barrières Mobiles, 2023.
- CAZAL, François, Barrières, Éditions BOD, 2019.
- FOCILLON, Henri, Éloge de la main, Éditions Livrets d’Art, 2015.
︎Vidéos
Avalanche Cycles, LES VÉLOS UNIQUES D'AVALANCHE CYCLES - L'ARTISANAT SUR MESURE
The Impossible Wardrobe, hommage au patrimoine au Palais Galliera, 2012.
Cycles Cadence, LES SECRETS D'UN VELO ARTISANAL FRANÇAIS
France 3, Feuilleton "Vélo en vogue" - L'artisan cadreur
Models never talk, Centre National de danse, Paris, 2015.
M6 Info, Fabriquer des meubles design à partir d'objets du quotidien
France Culture, « Jean Prouvé, la noblesse du métal », Podcast (Avoir raison avec...), 2018.
GCN en Français, « Pourquoi l'acier reste le roi des matériaux pour les artisans ? », Documentaire YouTube, 2022.
︎Site internet
Avalanche Cycles : www.avalanche-cycles.com
Cyfac, Maison française du vélo : www.cyfac.fr
OpenStructures : www.openstructures.org
Contact ︎
︎ludopnc@gmail.com
︎@ludovic.pince
Le projet de diplôme ︎

Production personnelle 3D, Paris, 2025.

Production personnelle 3D, Paris, 2025.

Production personnelle 3D, Paris, 2025.

Production personnelle 3D, Paris, 2025.