Clément Chiffard
Traces, de la grotte à l’objet
Ce mémoire explore la mutation de l’aluminium, du composant industriel normé vers un langage ornemental et artisanal. Il part d'une analyse du mousqueton de spéléologie objet de vide par excellence où la forme est dictée par la survie et la performance mécanique.
À travers une pratique située entre l'ingénierie machiniste et l'ébénisterie métallique, l'étude interroge la valeur du défaut d'usinage. La trace de la fraiseuse n'est plus une scorie à polir, mais un dessin assumée, figée par l'anodisation. En détournant des objets méprisés ou purement utilitaires, le design vient ici fétichiser la machine pour transformer l'anodin en pièce monolithique. Il s'agit de dessiner non pas un produit, mais un manifeste de l'honnêteté technique, où la surface raconte la précision du geste industriel réapproprié par un objet en édition limité.
1/3 : Objets de grotte
︎ Novembre 2025
2/3 : Le fétiche industriel
︎ Janvier 2026
3/3 : Vers un design témoin
︎ Février 2026
Article 1
Objets de grotte
Ce premier article aborde ma fascination pour les objets technique d’outdoor, ici particulièrement, suite a traveres des exepriances personelle, j’analyse l’histoire de celui-ci ces usages, materiaux et formes. Un objet plus que poussé dans ca conception que resulte de nombreuse normes, un objet que ne fonctionne pas seul et se veux comme un accesoir. Un objet très souvent en aluminium témoin d’une industrie contenporaine etant capable de produire tout objet qui ont pour habitude dêtre en interaction avec une corde.

En haut : les premiers mousquetons d’escalade commercialisés, dans le catalogue été 1924 de Sporthaus Schuster. En bas : les mousquetons présentés dans le catalogue été 1925 de Sporthaus Schuster. Photos : Sporthaus Schuster.
En avril 2025, avec deux amis, nous sommes allés dans la grotte de Peyroche II︎1︎ en Ardèche pour y faire des photos. Noé, qui est du coin, connaissait déjà la grotte, tout comme Jules, un autre ami qui nous accompagnait.
Nous sommes trois sportifs, et après avoir prévenu nos proches de notre sortie, nous avons commencé l’exploration sans matériel particulier, à part trois lampes frontales et nos chaussures de trail. Nous savions que l’endroit n’était pas dangereux, mis à part une remontée un peu périlleuse vers la fin du parcours qui nécessite normalement baudrier, casque, corde et descendeur. Comme nous pratiquons tous l’escalade, ça ne nous effrayait pas plus que ça. Normalement, un équipement de spéléologie est obligatoire pour les débutants, ce qui explique la présence de nombreux ancrages, cordes fixes et mousquetons dans la grotte.
Nous avons débuté l’exploration en matinée, avec l’objectif de faire un maximum de photos. Très vite, je me suis mis à photographier tous les objets de spéléologie qui attiraient mon attention, sans m’attendre à en voir autant : amarrages naturels, spits en Y, cordes nouées, mains courantes, etc.
Nous avons progressé à travers des couloirs étroits, privés de toute lumière et de tout bruit. Seules quelques chauves-souris dormaient dans la grotte.
Je perçois les grottes comme une autre montagne : la montagne du dessous, qui n’a rien à envier à celle en surface. Un monde bien plus mystérieux, sombre et calme. C’est une autre nature aussi : une nature plus brute, rocheuse, humide. Ce contraste rend d’autant plus frappante la présence d’équipements en aluminium, en acier ou en corde.
Marqué par ces objets, je décide d’en faire deux poster ainsi que d'approfondir bien plus mes recherches sur ces objets leurs origine, le manufacture etc.
Mon père faisait beaucoup de sport notamment de l’escalade et de l’alpinisme, et il avait du matériel petzl, J’ai toujours admiré ce matériel étant plus jeune, corde de 80 mètres, baudriller, chausson d’escalade en taille 45, tout me paraissait très grand, je ne pouvais qu’admirer ces objets. Maintenant après un parcours scolaire dans le milieu industriel et de design d’objets je ne peut que m'intéresser d’avantage à ces objets en aluminium ultra industriel soumis à de nombreuses normes.
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Roudil Jean-Louis, Saumade Henri. La grotte de Peyroche II à Auriolles (Ardèche). In: Gallia préhistoire, tome 11,
fascicule 1, 1968. pp. 148
Nous sommes trois sportifs, et après avoir prévenu nos proches de notre sortie, nous avons commencé l’exploration sans matériel particulier, à part trois lampes frontales et nos chaussures de trail. Nous savions que l’endroit n’était pas dangereux, mis à part une remontée un peu périlleuse vers la fin du parcours qui nécessite normalement baudrier, casque, corde et descendeur. Comme nous pratiquons tous l’escalade, ça ne nous effrayait pas plus que ça. Normalement, un équipement de spéléologie est obligatoire pour les débutants, ce qui explique la présence de nombreux ancrages, cordes fixes et mousquetons dans la grotte.
Nous avons débuté l’exploration en matinée, avec l’objectif de faire un maximum de photos. Très vite, je me suis mis à photographier tous les objets de spéléologie qui attiraient mon attention, sans m’attendre à en voir autant : amarrages naturels, spits en Y, cordes nouées, mains courantes, etc.
Nous avons progressé à travers des couloirs étroits, privés de toute lumière et de tout bruit. Seules quelques chauves-souris dormaient dans la grotte.
Je perçois les grottes comme une autre montagne : la montagne du dessous, qui n’a rien à envier à celle en surface. Un monde bien plus mystérieux, sombre et calme. C’est une autre nature aussi : une nature plus brute, rocheuse, humide. Ce contraste rend d’autant plus frappante la présence d’équipements en aluminium, en acier ou en corde.
Marqué par ces objets, je décide d’en faire deux poster ainsi que d'approfondir bien plus mes recherches sur ces objets leurs origine, le manufacture etc.
Mon père faisait beaucoup de sport notamment de l’escalade et de l’alpinisme, et il avait du matériel petzl, J’ai toujours admiré ce matériel étant plus jeune, corde de 80 mètres, baudriller, chausson d’escalade en taille 45, tout me paraissait très grand, je ne pouvais qu’admirer ces objets. Maintenant après un parcours scolaire dans le milieu industriel et de design d’objets je ne peut que m'intéresser d’avantage à ces objets en aluminium ultra industriel soumis à de nombreuses normes.

Exploration de la grotte de peyroche II - Mai 2025, photographie personel
︎1︎Grotte découverte et habité a l’age du bronze, file:///Users/clementchiffard/Downloads/galip_0016-4127_1968_num_11_1_1311.pdf
1. Objets de vide, le cas d’école du mousqueton
A. Le rôle du mousqueton
Un mousqueton est un maillon métallique ouvrant, conçu pour relier entre eux différents éléments de manière simple, rapide et sécurisée. Sa particularité réside dans la présence d’un doigt articulé monté sur ressort, qui s’ouvre sous la pression et se referme automatiquement lorsqu’on le relâche. Cette fermeture automatique empêche les charges ou les objets fixés de s’échapper accidentellement du crochet.
Dans la majorité des modèles, le doigt s’ouvre vers l’intérieur du corps, afin de faciliter l’accrochage tout en réduisant les risques d’ouverture involontaire. Le ressort peut être indépendant et dissimulé dans le doigt, ou bien faire partie intégrante du mécanisme lui-même, comme dans les modèles à fil (wiregate). Si la plupart des conceptions reposent sur une charnière classique, certains mousquetons utilisent le ressort comme articulation, ce qui permet des versions très simples en une seule pièce de métal ou de plastique.
Le rôle principal du mousqueton est d’assurer une connexion rapide et réversible entre différents objets. En usage normal, la charge appliquée repose sur les parties solides du corps, et non sur le doigt, bien que celui-ci participe à la solidité grâce à un verrouillage mécanique. Par leur conception, les mousquetons allient robustesse, fiabilité et polyvalence, ce qui en fait des objets très largement employés dans des contextes variés, qu’ils soient techniques, utilitaires ou quotidiens.
B. Les différents types
D'après la norme EN 12275 appliquée et approuvée en 1998, il existe 5 types de mousquetons plus les maillons (mousqueton sans ouvertures rapides pour un usage fixe qui nécessite pas de déplacement.). Un mousqueton ne respectant pas cette norme est défini comme faux mousqueton et ne peut être utilisé pour des pratiques telles que l'escalade, la spéléologie ou bien des métiers à risques.
1. Type B (Basic)
- Le mousqueton « standard », le plus polyvalent.
- Sert à relier deux éléments de manière simple (corde, sangle, etc.).
- Résistant, forme la plus courante.
2. Type D (Directional / Directionnel)
- Mousqueton conçu pour que la charge reste bien orientée dans l’axe principal.
- Réduit les risques de mauvaise sollicitation (par exemple, que la charge tire sur le doigt).
3. Type H (HMS / demi-rond ou poire)
- Mousqueton à forme de poire.
- Utilisé notamment avec un nœud demi-cabestan (HMS = Halbmastwurf-Sicherung en allemand).
- Offre une grande ouverture et polyvalence.
4. Type K (Klettersteig / via ferrata)
- Mousqueton destiné à la via ferrata.
- Doit avoir un système de verrouillage automatique (souvent par double ou triple action).
- Grande ouverture pour câbles et barreaux métalliques.
5. Type X (Oval / Ovale)
- Mousqueton symétrique.
- Pratique pour placer du matériel (poulies, bloqueurs) car il centre bien la charge.
- Moins résistant qu’un D mais plus polyvalent mécaniquement.
6. Type Q (Quadruple / Demi-rond)
- Mousqueton symétrique en demi-rond sans ouverture facile.
- Sert souvent comme connecteur central (par ex. dans un baudrier complet ou une longe de travail).

Norme E-12275 publié en 2004
C. L’histoire
Les mousquetons s'inspirent de ces objets datant de plusieurs milliers d'années avant JC, comme en témoigne ce bracelet retrouvé en Bretagne datant de 1450-1300 avant JC, soit au milieu de l'âge de bronze︎2︎. Ce bracelet s’ouvre de manière très semblable à un mousqueton, une pièce principale formant le corps, ainsi qu'un bras permettant son ouverture. Il n’a cependant pas de ressort pour se refermer automatiquement.
Les premiers mousquetons apparaissent 100 ans avant de servir à fixer de carabines (d'où viennent leur nom anglosaxon carabiner), ils servaient à harnacher les chevaux. En 1505 on en retrouve intégrée au mors d’un cheval de chevalier, provenant du Saint-Empire romain germanique. Le mousqueton a ici un ressort et est donc bien considéré tel quel. Les premières attaches à carabines datent entre 1601 et 1615, comme en témoignent les peintures de Sebastiaen Vrancx. Certaines représentations ne sont pas fidèles, ces objets étant récents et réservés à une élite car très chers pour l'époque, les peintres ne les ont pas toujours bien représentés. Servant à attacher les carabines à une bandoulière, il sont appelés carabiner.
Le plus ancien mousqueton à pivot qui a été retrouvé date de 1640. Un mousqueton très proche de ceux que l’on peut observer actuellement, très semblables aux crochets que l’on retrouve sur des bandoulières de sac de sport, qui eux sont en plastique.
En 1868, à Ulm, Conrad Dietrich Magirus︎3︎ développa le mousqueton en forme de gourde. Considéré comme le premier modèle moderne largement diffusé, il intégrait un ressort à compression interne et existait en trois formats : un petit destiné aux cordes, un moyen pour les échelles à deux montants et un grand pour les échelles à un seul montant. Dès 1869, les pompiers de Munich en recommandaient déjà l’usage. 10 ans plus tard Carl Seitz utilisa les ceintures de mousqueton utilisées par les pompiers pour aller en haute montagne, il reste a ce soir le premier usage du mousqueton en alpinisme. Les mousquetons, bouteilles créées pour les pompiers, ont été utilisés jusqu'à la fin des années 90. leurs forme en bouteille permet d’avoir constamment des effort pour exercer dans la longueur la plus longue du mousqueton, la plus résistante. Fabriqués en acier doux, leur résistance est très faible comparé aux mousqueton en aluminium, avec un usage très fortement déconseillé au dessus de 250 kilogrammes, ce qui est inférieur à une grosse chute en escalade.
1- Photographies de Marilou Nordez, reproduites avec l’autorisation de Cambridge University Press ;
« Nordez, M. (2023). Metal hoards in a ritual space? The Atlantic Middle Bronze Age site of Kerouarn, Prat (Côtes-d'Armor, France). Antiquity, 1-9. © L’auteur, 2023. Publié par Cambridge University Press pour Antiquity Publications Ltd. » — image 54 sur 541.
2- L’une des deux plus anciennes représentations connues de mousquetons, faisant partie du mors d’un cheval de chevalier, provenant du Saint-Empire romain germanique (actuelle Allemagne), dans le Löffelholtz-Codex (manuscrit), vers 1505. Illustration de Martin Löffelholz von Kolberg.
3- Image : British Royal Armouries. Carbine Sling (1640) XIII.298. Licence Crown Copyright. – image 60 sur 538.
« Nordez, M. (2023). Metal hoards in a ritual space? The Atlantic Middle Bronze Age site of Kerouarn, Prat (Côtes-d'Armor, France). Antiquity, 1-9. © L’auteur, 2023. Publié par Cambridge University Press pour Antiquity Publications Ltd. » — image 54 sur 541.
2- L’une des deux plus anciennes représentations connues de mousquetons, faisant partie du mors d’un cheval de chevalier, provenant du Saint-Empire romain germanique (actuelle Allemagne), dans le Löffelholtz-Codex (manuscrit), vers 1505. Illustration de Martin Löffelholz von Kolberg.
3- Image : British Royal Armouries. Carbine Sling (1640) XIII.298. Licence Crown Copyright. – image 60 sur 538.
A la fin des années 60 les premiers mousquetons en aluminium se démocratisent, moins résistants mais beaucoup plus légers, très utile lors des longues ascension ou une trentaine de mousqueton peut facilement être nécessaire. La recherche de performance dans les pratiques comme l’escalade, la spéléologie, l’alpinisme n’est pas qu' humaine, le matériel joue une partie très importante dans ces sports. Du matériel souvent cher mais performant, des objets industriels, petits et légers auxquels on doit confier notre vie. ces objets de vide sont clairement un pont entre la vie et la mort, un produit si anodin sur le papier qui ne l’est pas du tout. Ces objets sont dessinés par des ingénieurs pour qu’ils respectent des normes exigeantes. Ils sont testés et re testés des milliers de fois pour vérifier leurs propriétés mécaniques, leur résistance à l’arrachement et à la déformation.
Le mousqueton est l’objet outdoor en aluminium le plus répandu, le plus détourné copié et réinterprété, mais il existe pleins d’autres objets de la sorte également en aluminium anodisé avec marquage industriel. des forme très normé pour respecter des résistante qui se retrouve des fois à être très graphique.
Compilation d’objets de vide qui font liaison avec une corde
.︎2︎Rengert Elburg,
Early Neolithic Water Wells Reveal the World's Oldest Wood Architecture, Academia, 2012.
https://www.academia.edu/2311012/Early_Neolithic_Water_Wells_Reveal_the_Worlds_Oldest_Wood_Architecture
︎3︎Entrepreneur et sapeur pompier, 1824-1895
Early Neolithic Water Wells Reveal the World's Oldest Wood Architecture, Academia, 2012.
https://www.academia.edu/2311012/Early_Neolithic_Water_Wells_Reveal_the_Worlds_Oldest_Wood_Architecture
︎3︎Entrepreneur et sapeur pompier, 1824-1895
2. un objet qui appelle un système / une connection
A. Interaction entre corde et objets de vide.
La corde n’est jamais utilisée seule. Sa fonction première est de relier, de tendre, de supporter un corps ou une charge. Mais pour que cette fonction devienne réelle, il faut un point de connexion, et c’est là que le mousqueton entre en scène. Ces deux objets sont conçus pour se rencontrer : la souplesse de la corde trouve sa raison d’être dans la rigidité du métal, et la rigidité du mousqueton prend son sens au contact d’une fibre qui le traverse. Une corde posée au sol reste un simple outil latent, un potentiel. Le mousqueton isolé n’est qu’un anneau fermé, une pièce de métal sans fonction. Ensemble, ils deviennent système.
Cette interaction est concrète et matérielle : la corde se plie, forme une boucle, se glisse dans la gorge du mousqueton ; un clic sec et le ressort métallique se verrouille. Le textile épouse les contours, le métal encadre et contraint. Le mousqueton agit comme une main mécanique qui tient la corde à la place du spéléologue. La corde, de son côté, s’adapte, se serre, transmet la charge. C’est une relation asymétrique mais complémentaire : l’un maintient, l’autre supporte.
Dans cette articulation, chaque objet compense les limites de l’autre. La corde, souple, absorbe les chocs et distribue les forces de manière progressive, mais elle ne peut pas s’accrocher d’elle-même. Le mousqueton, rigide, ne fléchit pas, ne se déforme pas, mais il est incapable de tenir quoi que ce soit sans matière à saisir. Ensemble, ils forment une mécanique élémentaire et pourtant vitale. Leur rencontre transforme la verticalité en terrain praticable : ce qui était chute devient suspension, ce qui était vide devient passage.
Il y a aussi une dimension presque symbolique dans cette interaction. Le geste du grimpeur ou du spéléologue qui clippe une corde dans un mousqueton n’est pas anodin : c’est le moment où la sécurité se matérialise, où le danger se réduit. Ce simple mouvement de la main, rapide et précis, condense des décennies de recherche technique, d’ingénierie et de normalisation. Le mousqueton devient la serrure, la corde devient la clé, et ensemble ils fabriquent une continuité entre le corps humain et la paroi.
B. Accrocher tout et rien.
Le mousqueton est rapide, instinctif. Un clic sec et il accroche tout : une boucle de sangle, une corde, un sac, une gourde. Il passe d’un rôle vital à un usage anodin en une seconde. La corde, elle, demande du temps, elle exige un nœud, une boucle, une transformation pour accrocher. Elle n’a pas cette immédiateté. Là où le mousqueton incarne la mobilité et la légèreté, la corde incarne la durée, l’effort, le poids. L’un est aérien, presque gadget parfois ; l’autre est massive, encombrante, mais absolument vitale. Et surtout, sans la corde, le mousqueton n’accroche que du vide ; sans le mousqueton, la corde n’a pas de point sûr pour s’arrimer.
3- industrie et éléments techniques des objets de vide en aluminium.
A. Formes et machines
Les objets de la sorte sont majoritairement faits à partir d’aluminium 7075, l’aluminium avec les meilleures résistance mécanique, semblable au résistance de l'acier mais beaucoup plus léger ce qui fait de luicle candidat parfait pour des objets qui doivent être légers et pouvoir résister à plusieurs tonnes.
Victime de leur dépendance aux normes, ils ne peuvent être fabriqués artisanalement et dépendent d’industrie à grande échelle avec des tolérances de précision bien plus précises, des contrôles qualités très exigeants. Des chaînes de production non automatisées qui demandent des opérateurs à chaque machine, un travail qui reste manuel.
Les étapes de fabrication de ces objets restent très similaires. Les usines reçoivent de l’aluminium 7075 en jonc, elles sont coupées à la bonne longueur avant d'être cintrées sur une cintreuse numérique qui donnera la forme de la pièce globale. Elles sont ensuite forgé à chaud avec une presse pouvant exercer 550 tonnes ce qui donne la forme semi finale du produit, il a encore ses bavures, (surplus de matière ici d’aluminium qui se coince dans le plan de joint soit entre les deux pièce du moule) qui doivent être enleve. l’aluminium est plongé dans deux bain de trempe pour durcir l'aluminium et lui donner des propriétés proches de l’acier. L’objet est ensuite usiné sur un banc d’usinage 5 axes, machine d’enlèvement de matière pour l'aluminium avec une fraise, ce qui permet une excellente précision, cet usinage permet d’enlever la matière la ou le ressort viendra se loger. Ils sont ensuite plongés dans un bain de microbillage, qui est un bain avec des dés de céramique de différentes tailles qui homogénéise la surface et permet un état de surface non rugueux, qui ne viendra pas endommager la corde qui frottera dessus.
B. Normes techniques
Les normes encadrant les mousquetons sont nées du besoin d’assurer une sécurité uniforme pour des objets dont la fiabilité est vitale. D’abord fondées sur des essais empiriques, elles ont été formalisées dans les années 1960 par l’UIAA, puis harmonisées à l’échelle européenne avec la norme EN 12275, devenue la référence pour l’alpinisme et l’escalade.
Ces normes définissent les résistances minimales (souvent entre 20 et 25 kN), les méthodes d’essai, le marquage obligatoire et la traçabilité de chaque pièce. Elles s’accompagnent d’autres référentiels comme l’EN 362 pour le travail en hauteur ou l’EN 566 pour les sangles et points d’ancrage. L’introduction de l’aluminium 7075 et l’apparition de nouveaux systèmes (doigt à fil, verrouillage automatique, formes asymétriques) ont entraîné une mise à jour régulière des standards. Les essais incluent désormais des tests dynamiques, de fatigue et de vieillissement afin d’assurer la fiabilité dans le temps. Ces exigences ont profondément transformé la production. Les tolérances imposées interdisent toute fabrication artisanale : chaque étape est encadrée par des protocoles de contrôle qualité stricts et des tests en laboratoire agréés. Les fabricants doivent documenter leurs procédés et garantir une constance absolue d’une série à l’autre. Aujourd’hui, la normalisation évolue vers une approche plus durable et responsable. Les discussions portent sur la traçabilité numérique (gravure laser, QR code) et la réduction de l’empreinte environnementale, notamment via le recyclage de l’aluminium et la limitation des traitements chimiques.
Ainsi, loin d’être une contrainte, la normalisation est devenue un levier d’innovation, de fiabilité et de durabilité pour un objet simple en apparence mais hautement technique : le mousqueton.
Conclusion
Le mousqueton, en lui-même, ne me passionne pas tant par sa fonction que par tout ce qu’il représente. J’en admire la forme, la rigueur et la beauté : c’est un objet à la fois simple et hautement abouti. Ce qui me fascine, c’est l’esthétique industrielle qu’il incarne : des lignes précises, des surfaces polies, les reflets de l’aluminium, ses teintes anodisées et ses inscriptions techniques.
Il se situe à la croisée du design industriel, du monde outdoor et d’une esthétique formelle qui me parle profondément. C’est un langage visuel et technique que j’aimerais réinterpréter, détourner, et transposer à d’autres échelles ou usages. Travailler avec ces codes, ces contraintes et cette précision me semble une voie féconde pour explorer un design contemporain plus ancré dans la matière et le geste industriel.
Ces objets sont le résultat de plusieurs siècles d’évolution, d’une recherche constante vers la perfection mécanique et formelle. Je souhaite prolonger cette réflexion autour d’une réinterprétation de l’esthétique industrielle, en particulier dans la scénographie, le design de retail. En accentuant la fascination que j’ai pour la mise en œuvre de l’aluminium.
Bibliographie
︎Articles
Tarquin Wilton-Jones, « Vertical caving terminology and methods» , 01/01/2024 , https://www.cavinguk.co.uk/info/verticalterminology.html page consultée le 05/07/2025
Jhon Middendorf, « Next for Volume 3 (aluminum carabiners, nylon ropes)» , 18/05/2023 , https://www.bigwallgear.com/p/next-for-volume-3-aluminum-carabiners page consultée le 08/07/2025
Jhon Middendorf, «First carabiners for climbing-summary» , 09/08/2022 ,https://www.bigwallgear.com/p/first-carabiners-for-climbing-summary page consultée le 08/07/2025
Jim Erikson, «How Climbing Gear Has Evolved Over the Past 50 Years» , 09/09/2022 ,https://www.climbing.com/gear/cllimbing-gear-history-erickson page consultée le 15/07/2025
Karabin climbing museum, «Chouinard crabiners» , 07/2024 ,https://www.karabinclimbingmuseum.com/chouinard-carabiners page consultée le 15/07/2025
︎Vidéos
Alec Steele, https://www.youtube.com/watch?v=PbBigMyKJYA&t=29s, 02 mai 2023.
DMM wales,https://www.youtube.com/watch?v=iECQiuB2XpA&t=415s, 01 Décembre 2021.
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