Baptiste Gault


Le destin contrasté du cuivre, L’Or Brun

Le cuivre, métal clé de notre décennie, il fait partie intégrante de nos sociétés. Autrement dit, il est un élément essentiel pour notre avenir. Désiré pour ses propriétés intrinsèques, c’est une ressource aux diverses facettes et aux apparences contrastées. Les sociétés en constante évolution, nous dépendons davantage de cette ressource au gré des diverses politiques environnementales et technologiques engagées. Cependant, la situation de cette ressource semble prendre un tournant. Cette dernière parait fragile et pourvue d’incertitude quant à son futur. Outre cet horizon préoccupant, le cuivre relève d’une véritable inspiration dans le domaine de la création tant sur son usage en massif qu’en surface.

Quels sont les scénarios existants et l’avenir d’un métal semi-précieux, le cuivre ?


1/3 : L’or brun à la conquête du monde
︎ Octobre 2023
2/3 :
Le cuivre, du derme à l’épiderme
︎ Novembre 2023
3/3 : 2D / 2.5D / 3D

︎ Décembre 2023


Article 2

Le cuivre, du derme à l’épiderme

Convoité pour ses propriétés intrinsèques, le cuivre amène un imaginaire principalement fonctionnel et utilitaire via ses applications. Cette ressource est notamment présente sous formes massives. Cependant, les procédés de cuivrages offrent une nouvelle vision sur ce métal. Applicables sur tout type de surface, nous pouvons produire des synergies de matière. D’une épaisseur infime, le cuivre déposé conserve ses propriétés tout en les fusionnant avec son support.


Cuivrages sur plaque d’acier, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris
Conducteur d’électricité, conducteur thermique, insensible à la corrosion, antibactérien… sont en partie les raisons du succès du cuivre. Ses propriétés et sa situation d’ordre géopolitique démontrent la résilience de cette ressource. Cependant ses propriétés ne sont que des mots qui décrivent des intérêts technologiques. Contrairement au cuivre, l’or et le diamant sont principalement perçus pour leurs symboles de brillance et de pureté. L’or brun fait notamment appel à des symboliques fonctionnelles, durables ou encore de transmission. Son usage est principalement technique dans un contexte industriel. Il fait partie intégrante de nos sociétés à travers le service des eaux, des communications, ainsi que l’énergie.

Néanmoins, une des grandes richesses de cette ressource réside dans son esthétique. D’un rose brillant à un ocre profond en passant par un brun éclatant, le cuivre possède une réelle richesse sur sa surface. Altéré par la chimie et la chaleur, le cuivre réagit en produisant une multitude de nuances de couleurs︎1︎. Renforcé par un travail de texture et de finitions︎2︎, ce métal démontre un fort potentiel de création.

Appliqué aux procédés de cuivrage, le cuivre démultiplie ses applications ainsi que ses états de surface dans une multitude de domaines. De la synergie du support du produit, de son cuivrage et de ses finitions︎3︎, nous avons à disposition une grande opportunité de création. Sous-jacent à cette position, il se pose inévitablement la question d’abondance et de justifier l’utilisation d’une matière plutôt qu’une autre.

Nous devons donc rendre compte d’une certaine objectivité sur les choix qui guide la conception d’un produit recouvert d’un traitement additionnel technique︎4︎. De la production industrielle à une pratique expérimentale, ce type de procédé semble s’être largement répandu. Donner une qualité aux surfaces est intrinsèquement liée à la création qu’elles soient artisanales ou industrielles. En surface comme en reliefs, ces procédés peuvent s’avérer dégradants de l’image du produit de même que la matière greffée. Il s’agit de cette même matière qui va impliquer le processus créatif, et l’échelle du produit. De cet ensemble, il se dégage la question de savoir si les procédés de cuivrage apportent une plus-value du produit sans compromettre son statut et sa qualité.

︎1 ︎ Patines et “peinture à la flamme”

︎2︎Exemple : martelage, polissage, rainurage, patine à froid ou à chaud, “flame painting”, etc.

︎3︎L’état de surface désigne le travail superficiel de la matière comportant la rugosité et l’aspect des surfaces.

︎4︎Exemple : cuivrage, chromage, argenture, dorure, étamage, etc.

1) Le cuivre surfacique 


1- Le cuivrage


Apparus comme une solution à la consommation massive du cuivre, les procédés de cuivrage ne doivent pas être perçus comme un remplaçant universel au cuivre massif. Ces derniers apportent une nuance à l'utilisation massive du cuivre sans pour autant être un substitut au massif. Au-delà des préoccupations écologiques︎5︎, je pense qu’il faut avant tout utiliser ces procédés à titre expérimental de préférence à une réponse absolue aux problématiques environnementales. Traditionnellement, un matériau était usiné comme un “opérateur fonctionnel élémentaire”, il régit la structure du produit︎6︎. Cependant, la matière ne s’est pas limitée à sa nature massive.

Nanocrystalline Copper Furniture and Ustensils, Max Lamb, 2010

En témoigne la série d’expérimentation Nanocrystalline Copper Ustensils, sur le cuivre de Max Lamb produit en 2010. Malgré leurs formes primitives, les objets démontrent la richesse de ce procédé à travers différentes typologies d’objets (chaise, cuillère, carafe, couteau, etc.).

Ces traitements de surface sont principalement réalisés sur des métaux afin de prévenir l’oxydation du support. En complément, il apporte des caractéristiques fonctionnelles telles que la ductilité et la conductivité électrique. Le dépôt de cuivre d’un aspect brillant peut être également utilisé à des fins esthétiques︎7︎. Le cuivrage n’est pas une fin en soi, il peut être utilisé en tant que sous-couche pour des traitements additionnels comme l’étamage et l’argentage. Les procédés de cuivrage sont multiples comme leurs supports d’application. Acier, aluminium, verre, plastique, roche, etc., sont autant de matières qui peuvent être cuivrées.

Diverses techniques sont mis en œuvre afin d’obtenir ce résultat. Ces dernières se reposent toutes sur un procédé chimique d’oxydoréduction qui peut être forcé par un courant électrique sur les matières « non compatibles » au cuivrage. En premier, le cuivrage chimique pour les métaux ayant une base de fer (acier et inox). Il a pour intérêt une facilité d’application et de pouvoir conserver les propriétés magnétiques du fer. Le second est une variante du premier, il s’agit du cuivrage électrolytique ou plus communément appelé galvanisation. L’intérêt de ce dernier est de casser les barrières théoriques de l’oxydoréduction. En effet, comme expliqué précédemment, l’ajout d’un courant électrique permet donc d’appliquer une fine couche de cuivre sur n’importe quelle surface conductrice d’électricité. Par le biais d’une application d’un vernis conducteur sur une surface quelconque, nous sommes en mesure d’appliquer du cuivre comme bien d’autres métaux. Cette étape peut être le support d’un autre traitement de surface chimique comme un chromage.

Cuivrages sur plaque d’acier, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris

L’usage de ces techniques ne se résume pas seulement au cuivre sous sa forme chimique Cu. En effet, l’oxyde de cuivre (CuO ) est également couramment employé pour diverses créations. Naturellement, cet oxyde se développe seulement sur du cuivre. Cependant, cette dernière peut se développer sur un substrat non cuivreux. Grâce à la chimie, des solutions existent afin de réaliser un cuivrage oxydé sur tout type de surface︎8︎. Le plus souvent indésirable, l’oxyde de cuivre se révèle être en réalité une source de création égale au cuivre Cu. En l'occurrence, Yuma Kano a développé un processus ainsi qu’un registre formel autour de l’oxyde des métaux︎9︎, dont le cuivre. Mêlant oxyde et métal poli, Yuma Kano explore leurs propriétés plastiques. Dans le prolongement de Max Lamb, il démontre la richesse notamment esthétique de ces métaux. La production d'objet est notamment à visée figurative en tant que Proof of concept.

Rust Harvest, Yuma Kano, 2010

Perçue comme un contrôle absolu, la chimie donne l’impression de procédés venus des dernières décennies. En réalité, l’application chimique d’un métal sur une surface remonte en 1833. C’est Michael Faraday, physicien anglais qui a posé les bases de l’électrochimie.

Le fait d’appliquer un métal sur une surface ne se résume pas seulement à la chimie. Le travail de la dorure en est l’exemple. L’or, l’argent, le platine ou encore le cuivre sont tous des métaux qui se travaillent également en feuille. De cette manière, le résultat obtenu est similaire aux techniques plus modernes. Le changement majeur du placage de métaux se situe sur l’échelle de production qui a modifié les standards de production afin de s’adapter à la demande.


Dorure sur cadre, BAPTISTE GAULT, 2021, Château de Versailles

L’application d’un métal sur un support d’origine métallique, plastique, organique… pose directement la question de l’honnêteté du produit. Faisons-nous face à une tromperie, à une parodie vulgaire d’un objet en cuivre massif ?︎10︎

Appliquer une matière, même minime sur une autre forme par définition, est un matériau composite. Cette composition de matière au sens large est un matériau constitué de deux ou plusieurs parties différentes︎11︎. Le procédé de cuivrage s’inscrit indirectement dans la tendance des dernières années dans les composites. Plus précisément, il s’agit de réaliser des synergies entre matières afin d’en extraire aux mieux leurs propriétés et usages.︎12︎Plus précisément l’intérêt est de concevoir des matériaux aux qualités tant esthétiques que fonctionnelles en interne (support) que pour la couche externe, dit la “peau” du composite.︎13︎


Composite carbone, BAPTISTE GAULT, 2023, Lesparre-Médoc


2- Applications & qualités de surface


L’emploi d’un tel traitement de surface se fait principalement pour un usage industriel comme en témoignent les domaines d’applications︎14︎. L’objet cuivré le plus manipulé à ce jour est la monnaie. Les pièces rouges, composées d’acier, sont cuivrées afin de les protéger de l’oxydation ainsi que pour les propriétés antibactériennes du cuivre. Nous retrouvons également ce procédé en quincaillerie (eau et électricité), des bijoux, des circuits imprimés ainsi que des éléments de décorations multiples et diverses. L’intérêt est le même que pour les pièces rouges, à cela s’ajoutent la conductivité électrique et l’esthétique du cuivre.

De par leur nature, les traitements additionnels ne rentrent pas en compte dans la structure du produit. De ce fait, leurs additions ne régissent pas la pérennité structurelle de ce dernier et sont ainsi considérées comme une finition. Pour ce qui est du cuivrage, malgré une fine épaisseur, de l’ordre de 5 à 30μ︎15︎, il fait face aux aléas économiques et matériels, car non nécessaires à la pérennité structurelle. En dépit de son importance esthétique, il reste secondaire. De plus, la matière est en permanence disposée sur une matière d’une qualité moindre sauf cas particulier.

À titre d’illustration, les chambres du Grand Trianon, château situé dans le domaine de Versailles. Alors en guerre de la ligue d'Augsbourg, la situation économique étant plus compliquée, les sculptures en chêne massif n’ont pas été recouvertes d’or. Le domaine de Versailles étant reconnu pour ses dorures abondantes, leurs absences font en réalité preuve de modernité et de légèreté.︎16︎Le domaine de Versailles est un exemple de nombreux partis pris de cette époque sur ces traitements additionnels. De l’architecture au mobilier, des placages et des peintures de matières y étaient déjà produits. Je fais référence aux peintures qui reproduisent les marbres ou encore le placage de bois exotique.


Salle des Marronniers de Trianon, Château de Versailles, 1687, Versailles

Outre l'esthétique dégagée par ces procédés, ces techniques d'ennoblissement demeurent intemporelles. De nombreux supports dans divers domaines sont sensibles à ces derniers︎17︎. Rapportés à aujourd’hui et en intégrant l’esthétique dans notre jugement, la dorure comme le cuivrage comportent un problème. Mineur, mais non négociable, le recyclage. En effet, une quantité même minimale doit être revalorisée. Au niveau industriel, cette problématique est largement répandue sur les PCB (circuits imprimés) et l’ensemble des appareils électroniques. Sur un PCB standard, l'épaisseur du cuivre déposé est de 1,37 millième de pouce, soit 0,0348 mm︎18︎. Cette épaisseur, déjà dérisoire, peut être encore plus petite, car nous pouvons descendre jusqu'à 0.005 mm. À titre d'exemple, une tôle de cuivre de 1mm d’épaisseur de 300x300mm pèse 0,806 kg. À dimension égale, une planche d’acier cuivrée aurait sur sa surface 8,1 gr. Matérialisée, cette quantité de cuivre est contenue dans un cube de 9,67 mm de côté.︎19︎



Simulation volume cuivrage, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris

Malgré cette infime quantité, à l’échelle mondiale, ce procédé montre autant d’économie de matières︎20︎ que de revalorisation à pourvoir. De plus, il faut prendre en considération que ses produits sont d’une plus grande artificialisation comparée à un objet monomatière. De ce fait, ils sont moins facilement intégrables dans les cycles de fin de vie des objets︎21︎. Il est certain que ce type de production impose des questions d’échelles que ce soit sur la quantité et la taille des produits.

Ainsi, si nous devions résumer le procédé de cuivrage et par extension les traitements de surface, il s’agit de donner une qualité aux surfaces.︎22︎ Cependant, cette qualité peut desservir le produit. L’objet issu de cet artifice se risque à de nombreuses dénominations. Parodie, faux, mensonge, hypocrisie et perfidie sont un aperçu des torts de ces processus. Le risque est bel et bien de décrédibiliser le produit comme la matière sous sa forme massive︎23︎.

︎5︎MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989, p. 192-193.

︎6︎MANZINI Ezio, op. cit., p. 39.

︎7︎Ibid., p. 188

︎8︎Application d’une “patine bronze” suivit d’un "oxy vert de gris".

︎9︎Voir :
  • RUNFOLA Matthew, Patine des métaux : bijouterie et créations métalliques, Paris, Éditions Vial, 2015.
  • HUGHES Richard & ROWE Micheal, Coloration et patine des métaux, Paris, Éditions Vial, 2014.

︎10︎Problématique notamment développée dans les ouvrages :
  • Ruskin John, Les sept lampes de l'architecture, Paris, L’esprit et les formes, 1987.
  • COLIN Christine & TAMLYN Diana, Design & imitation, Industries françaises de l'Ameublement, Paris, Le Seuil, 2005.

︎11︎BERTHELOT Jean-Marie, Matériaux composite, Cachan, Lavoisier, 2012, p. 3.

︎12︎MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989, p. 186.

︎13︎MANZINI Ezio, op. cit., p. 192-193.

︎14︎En témoigne : https://www.kerbirio.fr/cuivrage/

︎15︎Concerne le cuivrage électrochimique

︎16︎Des racines et des Ailes, «Le grand Trianon : un palais de campagne», Production TSVP, 16/09/2023, [En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=KBXhIlO8Pz0].

︎17︎Gastronomie, ébénisterie, électronique, bijouterie, etc.

︎18︎https://www.fs-pcba.com/fr/pcba-cuivre-epaisseur/
https://pcbassemblyfrance.com/lepaisseur-du-cuivre-des-pcb.html

︎19︎Calcule effectué par Baptiste Gault

︎20︎MANZINI Ezio, op. cit., p. 45

︎21︎Ibid., p. 45

︎22︎Ibid., p. 80 & 188

︎23︎Ruskin John, Les sept lampes de l'architecture, Paris, L’esprit et les formes, 1987, p. 45.

B) La surface rapportée


1- Perception


L’action d’imiter, de plaquer une matière sur un support distinct n’est en aucun cas un acte anodin et innocent. A priori, il n’est que tromperie, vice et mensonge de la matière pure et massive. L’imitation de la surface peut être comparée avec le plagiat dans le monde de la création. Toutes les deux peuvent tomber sur les coups d’un jugement. Un jugement légal pour ceux qui sont du plagiat d’un produit et un jugement public pour les copies de matières.︎24︎ D’une perspective commerciale et clientèle, la surface peut être perçue comme négative. Cette dernière à une certaine légitimité d’un point de vue éducatif. En effet, “copier” dans la création peut être référé à son synonyme “imiter” qui est un processus d’apprentissage.︎25︎ Bien que “copier” à une vision négative, imiter se révèle comme un processus de création et non comme une finalité. Ce dernier inclut un contexte culturel et d’apprentissage. En pratique, nous retrouvons cette imitation dans les filières de métiers d’arts. Afin d’apprendre, en menuiserie, en siège, ils répliquent des modèles tels que le fauteuil de style Louis XV afin de s’imprégner des techniques traditionnelles.
Fauteuil style Louis XV, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris
Reprise de gabarit, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris


Cette matière composée d’une strate d’atomes et de molécules, fait partie d’une dimension culturelle. À travers le temps, cette dernière se dégrade et s’inscrit dans un cadre plus complexe. Le vieillissement confère à la surface une valeur caractérielle appelée “la patine du temps”.︎26︎ Cette patine produite naturellement ou artificiellement est valorisée culturellement, car elle renvoie directement à une période. À titre d’illustration, au château de Versailles, les dorures , les mobiliers, les cadres de peinture, les grilles et les toitures sont autant d'éléments qui font l’état d'une culture et d’une époque.

Les traitements additionnels de matière dont font partie les procédés de cuivrage sont bel et bien un mensonge malgré un véritable cuivre. De mon point de vue, avant cet écrit, je portais une opinion défavorable à la surface rapportée︎27︎. Cette strate superficielle ne pouvait être que synonyme de qualité inférieure hormis ce qui fait lien avec l'ingénierie, la mécanique et la performance. Personnellement, je pense que cette opinion me vient des produits qui bénéficient de ce traitement. Ces derniers sont généralement bon marché, d’un plastique douteux et d’une utilité questionnable dans notre quotidien.

Divers produits illustrent mes propos tels que du mobilier ayant un placage plastique imprimé︎28︎, une gourde métallique enveloppée d’un film “d’hydro-dipping” ou encore les produits recouverts d’un vinyle. Ces traitements de surface n'ont pas pour volonté d’abuser le consommateur, car tout œil avisé serait attiré par cette parodie de la matière︎29︎ qui est généralement d’un prix attractif. Ce positionnement fait en tout point référence au principe de lisibilité︎30︎ et de vérité développé chez John ruskin. Principalement étudiés dans l’architecture, ces principes sont applicables aux produits. Nous devons être en mesure de décomposer chaque partie du sujet sans incertitude. De cette manière, nous ne pouvons nous méprendre sur la place et la fonction de ces parties︎31︎. 

2- S’adapter aux marchés


Diverses raisons expliquent la copie, entre enjeux économiques, de service, et d’adaptation du marché. Introduit en première partie, l’économie tant monétaire que matérielle démontre l’intérêt de ces traitements. Néanmoins, cette vision ne prend pas en compte le coût de l’opération qui peut s’avérer plus cher en fonction de la quantité produite. D’un point de vue commercial et marketing, individualiser un produit permet de correspondre au plus près aux besoins du client dans des délais les plus courts. De cette manière, changer la peau du produit est bien plus avantageux que le support. À partir d’un produit uniformisé de série, nous sommes en mesure de réaliser d'innombrables déclinaisons. Toujours dans cette vision, ce système est tombé dans son propre piège, celui d’individualiser les produits. L'objectif n’est plus seulement de produire pour la fonction du produit, mais de développer par superposition, combinaison et juxtaposition d’éléments. Il s’agit tout simplement d’un développement de gammes.︎32︎ Ce développement corrélé à la consommation de masse amène la question de l’uniformisation et/ou de la diversification︎33︎. En effet, l’intérêt des procédés industriels est de pouvoir produire à grande échelle à des coûts réduits un même modèle. Les procédés comme le placage d’un plastique imprimé bois permettent de différencier les produits sans pour autant ajouter une réelle plus-value matérielle à ce dernier.

L’ajout d’un traitement de surface additionnel est généralement acté lors du développement du produit. Ce dernier est en conséquence réfléchi et appliqué pour ses propriétés. Décrit comme un composite, le cuivrage peut être un dopage du support. Il permet de dépasser les possibilités et propriétés inhérentes de la matière︎34︎ tout en bénéficiant des caractéristiques du support.
Ainsi, à partir de cette idée, nous avons la possibilité de re-designer des produits à partir de ces procédés︎35︎.
Re-designer des produits est à la croisée entre une mise à jour et une réinterprétation. À titre d'exemple, la leggera et la superleggera de Gio Ponti figurent comme une mise à jour. Malgré six ans d’écart, les deux modèles ne diffèrent pas de l’une de l’autre. La différence se distingue sur l’épaisseur des piètements amincis et arrondis, ce qui a pour conséquence un poids de 1,7 kilo, soit les deux tiers du poids de sa grande sœur. Pour ce qui est de la réinterprétation, le projet Cork clock, Burnt cork produit en 2021 par Flavien Delbergue en fait figure. La fonction du bol est changée en horloge ainsi que sa surface devenue brûlée.

699 Superleggera, Gio Ponti, 1957
Cork clock Burnt cork, Flavien Delbergue pour Association La Source, 2021, Paris


Le cuivrage se situe à la croisée des deux perfectionnements. Appliquer un cuivrage sur un produit déjà existant ne fait guère de celui-ci une réinterprétation. Cependant, une modification structurelle, un changement de fonction associé à un cuivrage est considéré comme une réinterprétation. La finalité d’un point de vue commerciale est bel et bien de créer un nouvel entrain au produit. En modernisant et/ou en adaptant un produit à une époque, nous avons de nouveaux segments de marché.

Un des derniers exemples majeurs ces dernières années est le COVID. Lors de cette période, divers produits recouverts de cuivre ont vu le jour. Notamment des objets de contact permettant de toucher des boutons, d’ouvrir des ascenseurs ont été créés. Des tissus aux cuivres ont également été développés. Malheureusement, ces objets ne sont rien de plus que des gadgets ou le cuivré apporte une prétendue utilité. De plus, pour la majorité d’une conception douteuse, les produits n’ont pas séduit les usagers.


Université de Gunma, 2020, Japon

3- Le principe de vérité


Visualiser comme une strate d’atomes et de molécules, les traitements de surface additionnels ne font pas l'unanimité auprès de tous. Ces derniers ne seraient en réalité que tromperie, faible d’identité et hypocrite. Précédemment, j’expliquais mon point de vue à propos de cette surface rapportée et je pense qu’il faut y apporter une nuance.

Cette vision de la surface est notamment visible chez John Ruskin dans l’ouvrage Les Sept Lampes de l’architecture publié en 1849. Il fait l’état du principe de vérité. Ce dernier a été pensé pour l’architecture, mais peut être également appliqué à l’objet. Le sentiment prononcé à l'égard de ces objets a pour effet de classifier les objets en deux catégories, celles naturelles et artificielles︎36︎. Les objets dits naturels sont honnêtes envers le consommateur, son apparence correspond à sa structure. De l’autre, ils ne sont que trahison en trompant le client. Cette opposition démontre une certaine rivalité entre l'artisanat et l'essor des procédés industriels au milieu du XVIIIe siècle. Cependant, aujourd’hui la question n’est plus de savoir si la machine avilie le produit comme l’humain. Le sujet est davantage sur la valeur ajoutée de la matière surfacique tant technique qu'esthétique.

Réduire une ressource à une strate peut comporter un risque, celui de décrédibiliser la matière comme l’objet. Déclinés à outrance, nous risquons de dévaloriser l’image de cette ressource.︎37︎Le plastique est un exemple de ce processus. Vue comme une matière révolutionnaire au début du XXe siècle, son utilisation a permis de révolutionner la production et l'usage de nos produits. En témoigne le téléviseur portable Téléavia P111 de Roger Tallon conçu en 1963. Sa conception en plastique ouvre une nouvelle ère de formes et d'objets. Perçu comme une matière rare et révolutionnaire, le plastique est aujourd’hui en perte d’identité︎38︎.


Roger Tallon, 1963, France

Son utilisation à outrance, ainsi que les préoccupations écologiques a dénigré son image malgré ses utilisations techniques. De ce fait, l’échelle de production et l’usage déterminent également le statut de la matière︎39︎. En plus de cela, afin que l’objet ne tombe pas dans une parodie de la matière︎40︎, il faut que l’assemblage compose une synergie. Cette dernière n'est pas qualifiée en tant que placage, mais en tant que composite. La matière ne doit pas faire l’état d’une originalité, mais d’une justesse︎41︎. Il s’agit de cette justesse qui détermine le qualificatif︎42︎ de cette ressource. À titre d’exemple, la fibre de carbone figure comme une synergie dans un usage industriel de série. Pour ce qui est du cuivrage, l’association de ses propriétés à celle d’un support élastique peut faire l'état d’un matériau légitime.


Génératif Photoshop “Plastique cuivre”, Baptiste Gault, 2023, Paris
︎24︎COLIN Christine & TAMLYN Diana, Design & imitation, Industries françaises de l'Ameublement, Paris, Le Seuil, 2005, p. 16.

︎25︎COLIN Christine & TAMLYN Diana, op. cit., p. 16.

︎26︎MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989, p. 193-194.

︎27︎MANZINI Ezio, op. cit., p. 186.

︎28︎Utilisation d’un outil de veinage

︎29︎Ruskin John, Les sept lampes de l'architecture, Paris, L’esprit et les formes, 1987, p. 56.

︎30︎AVRIL Jean-Louis, «Rationaliste Architecture», Encyclopædia Universalis, [En ligne :https://www.universalis-edu.com/encyclopedie/architecture-rationaliste].

︎31︎AVRIL Jean-Louis, op. cit.

︎32︎COLIN Christine & TAMLYN Diana, Design & imitation, Industries françaises de l'Ameublement, Paris, Le Seuil, 2005, p. 7.

︎33︎COLIN Christine & TAMLYN Diana, op. cit., p. 19.

︎34︎Ibid., p. 164.

︎35︎Ibid., p. 68.

︎36︎MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989, p. 29.
COLIN Christine & TAMLYN Diana, Design & imitation, Industries françaises de l'Ameublement, Paris, Le Seuil, 2005, p. 16.

︎37︎MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989, p. 32-33.

︎38︎MANZINI Ezio, op. cit., p. 32-33.

︎39︎Ruskin John, Les sept lampes de l'architecture, Paris, L’esprit et les formes, 1987, p. 56.

︎40︎MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989, p. 60.

︎41︎COLIN Christine & TAMLYN Diana, Design & imitation, Industries françaises de l'Ameublement, Paris, Le Seuil, 2005, p. 112.

︎42︎Parodie, mensonge, dissimulation, ruse, copie, plagiat, etc.

C) Réfléchir par la matière


1- La génèse

Pratiquer la matière pour arriver à l’objet. Il existe bien des manières de guider la conception ds’un produit que ce soit par un cahier des charges, un environnement, un artisanat ou encore celui de la matière. Bien sûr, tout dépend de l’échelle de production ainsi que la nature du produit (mobilier, électroménager, numérique, etc.). Dans un cadre industriel, la matière est secondaire à l’idée. Dans un monde où le plastique est roi, une des manières de se différencier des concurrents est bel et bien le dessin et le service du produit. Il existe effectivement des contre-exemples ou la matière est mise en avant comme le téléviseur portable Téléavia P111. Cependant ces derniers sont rares et non représentatifs de la majorité. De plus, des questions de coûts, d’échelle de production et de direction artistique ont pour tendance de présélectionner la matière avant même le dessin du produit︎43︎. Ainsi, pour l’industriel, la matière ne se résume qu'à l'action de “mise en matière” du produit︎44︎.

Le cuivre est à la fois le produit de par sa matérialité et la démarche de conception de ce dernier. La matière soit la genèse du projet s’inscrit dans une notion plus vaste, celle de “réalité physique”︎45︎. Autrement dit, la matière ne se résume pas seulement à une figuration massive. De par sa nature, elle régit les contraintes et les procédés qui lui sont exercés. La notion de “réalité physique” introduite par Ezio MANZINI est le support︎46︎ de la “matière première”, c'est-à-dire la substance brute dont est fait tout produit.

La matière est notamment remarquée une fois manufacturée. De nombreux designers mettent en valeur les ressources qui nous entourent tels que Noé Duchaufour-Lawrance avec Made in situ. Cependant, la matière est avant tout un groupe de molécules et d’atomes qui forment une substance à laquelle nous lui attribuons une ou des fonctions︎47︎. Cette substance ne peut donc se définir de manière autonome et ne prend sens que par rapport à un tiers qui la fait être︎48︎. Dès lors que la vision chimique de la matière est saisie, nous pouvons produire diverses expérimentations. Dans le cadre du cuivre, cela correspond autant à son état de surface (bleui, oxydé, etc.) que de la forme.
Burnt cork chair, Made in situ, 2021, Portugal

Une approche par la chimie comme “science des transformations de la matière”︎49︎ permet de comprendre le fonctionnement intrinsèque de cette dernière. Dans ce sens, la chimie n’est que manipulation très formelle de la ressource en question︎50︎. En exemple, les diverses expérimentations de cuivrage réalisées lors de la période d’écriture de cet article. Ces derniers n’ont pas pour but de définir une fonction ou encore une typologie de produit. Les tests ont pour intérêt premier de comprendre le fonctionnement de la matière et des interactions avec l'environnement. De ce fait, la matière n'apparaît plus comme un matériau semblable à un autre, mais comme un continuum de possibilités︎51︎.

Les sciences de la matière ne sont donc pas en soi une finalité. En témoignent les aphorismes du design “La fonction crée la forme” et “L’outil crée la forme”︎52︎. La notion de “fonction” réfère directement à un choix délibéré du designer. Ce dernier peut inclure les observations des expérimentations ou à l’inverse ne pas en prendre en compte. C’est en incluant une réflexion sur la cible, le besoin, l’usinage et l'environnement qu’une fonction est déterminée.

Dans le cadre de mon projet de diplôme, la matière est avant tout perçue comme un substrat, un support sur lequel je peux fonder ma réflexion. Elle fait partie intégrante du processus sans pour autant directement déterminer le produit. De ce fait, amorcer le cuivre en tant que ressource et non d’usage pose la question de “Qu’est-ce que la matière peut ?”︎53︎. Il n’est pas question de déterminer la matière en fonction du produit, mais de rendre lisibles les qualités et capacités de la ressource. Comme pour les composites, il est question de justesse et de pertinence. C’est justement, sur le plan structurel et plastique, qu’est attendu le designer.

Le but n’est pas seulement d’utiliser la matière en cohérence avec la fonction qui lui est attribuée, mais de la rendre signifiante. Il s’agit de façonner une forme qui permet d’exprimer les particularités de la matière︎54︎. En témoigne le commentaire de Jean-François Dingjian, « […] en partant de ce système on arrive à générer des formes et des objets qui ont une qualité que seuls le matériau et le système peuvent leur donner. Le dessin devient très secondaire︎55︎. L’idée est que l’on va exploiter une capacité d’un matériau pour améliorer une fonction »︎56︎.

De cette manière, les produits sont au service de la signification des matériaux et non l’inverse︎57︎. Finalement, les objets sont passagers de la matière mise en œuvre par un processus. Ils dévoilent ce que les objets fonctionnels dissimulent. Pour le designer, la matière fait office de co-équipier. Vue comme une source de contrainte par certains, la matière est ici mise au premier plan. Intégrée à la réflexion, elle en devient son pilier. De plus, ce pilier est également synonyme de medium︎58︎ dans le cadre de cette démarche, il s’agit d’un outil. À travers les expérimentations, la pratique du dessin devient égale si ce n’est secondaire au développement du produit.


2- Pratique expérimentale du cuivrage


Introduit précédemment, les expérimentations font partie intégrante du développement du projet. Il s’agit d’un élément central du dialogue entre le produit et sa fonction. Développés au cours de cet écrit, les tests de cuivrage nous dévoilent une grande richesse de texture et de nuance de cuivre.

Sur une base d’acier, les cuivrages démontrent différentes esthétiques en fonction de la solution appliquée (acide acétique + oxyde de cuivre / eau déminéralisée + sulfate de cuivre). À défaut de ne montrer aucune propriété technique de ce métal, les cuivrages chimiques font l’état d’une abondance d’effets. En raison de cette profusion d’effets, divers facteurs sont déterminants de l'esthétique finale. Il s’agit de l'état de surface du support, du temps d’action de la chimie, de sa concentration ainsi que de son rinçage. De même que la dorure, le cuivrage dévoile le moindre détail du support, son relief et ses moindres aspérités sont accentués.

À gauche, cuivrage eau déminéralisée + sulfate de cuivre, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris
À droite, cuivrage acide acétique + oxyde de cuivre, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris


Au-delà des effets, ces expérimentations ont pour effet de raconter la qualité plastique du matériau à défaut d’être considérées comme une “tromperie”︎59︎. Par défaut, le cuivrage est un traitement de surface sur un autre métal. Il mène un cortège métallique qui a tout intérêt à être rompu. En effet, en nous détachant de ce cortège, nous pouvons théoriquement développer des synergies de matériaux, des composites métalliques. La galvanisation est un moyen pour parvenir à ces synergies. Nous serons donc en possibilité d'appliquer les propriétés de ce métal sur l’ensemble des matières (PVC, papier, tissu, bois, verre, granit, etc.).

Le cuivrage, appliqué en tant que traitement de surface, est exclu de la structure. Cependant, il peut faire preuve d’élément constructif en devenant sa propre structure︎60︎. En témoigne la série d’expérimentation Nanocrystalline Copper Ustensils de Max Lamb. Décrit précédemment comme un démonstrateur des procédés de surface, il est en réalité plus remarquable par sa transgression de la surface à la structure.

Ainsi le cuivrage est en réalité bien plus riche que la simple application d’une pellicule de matière sur une surface. Ce procédé démontre de multiples états de surface et de synergie possible. De la masse à la surface et de la finition à la structure, le cuivre rend compte de l’intérêt porté tant sur un point de transition écologique que de création.

︎43︎PITRON Guillaume, La guerre des métaux rares, La face cachée de la transition écologique et numérique, Paris, LLL Les liens qui Libèrent, 2019, p. 16.

︎44︎DAVRIL Claire, op. cit., p. 51-65.

︎45︎MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989, p. 3.

︎46︎MANZINI Ezio, op. cit., p. 21.

︎47︎Ibid., p. 12.

︎48︎Ibid., p. 12-13.

︎49︎Ibid., p. 149-150.

︎50︎Ibid., p. 157.

︎51︎Ibid., p. 31.

︎52︎COLIN Christine & TAMLYN Diana, Design & imitation, Industries françaises de l'Ameublement, Paris, Le Seuil, 2005, p. 31.

︎53︎DAVRIL Claire, «Réfléchir par la matière en design. Normal Studio, Martin Szekely, Konstantin Grcic.», in DESMET Nathalie & MARION Anaël, Rématérialiser l’art contemporain, Saint-Denis, PUV Éditions, 2014, p. 51-65.

︎54︎DAVRIL Claire, op. cit., p. 51-65.

︎55︎DINGJIAN Jean-François,« cahier_Dingjian», ENSCI, 15/10/2017, [En ligne : https://www.ensci.com/fileadmin/content_uploads/cahier_Dingjian.pdf].

︎56︎DAVRIL Claire, «Réfléchir par la matière en design. Normal Studio, Martin Szekely, Konstantin Grcic.», in DESMET Nathalie & MARION Anaël, Rématérialiser l’art contemporain, Saint-Denis, PUV Éditions, 2014, p. 51-65.

︎57︎DAVRIL Claire, op. cit., p. 51-65.

︎58︎Ibid., p. 51-65.

︎59︎DINGJIAN Jean-François,« cahier_Dingjian», ENSCI, 15/10/2017, [En ligne : https://www.ensci.com/fileadmin/content_uploads/cahier_Dingjian.pdf].

︎60︎DINGJIAN Jean-François, op. cit.



Conclusion



L’or brun, convoité pour ses propriétés intrinsèques, amène principalement un imaginaire fonctionnel et utilitaire via ses applications dans le monde industriel. En dépit de sa présence en tout lieu, la surface de ce métal nous apporte une nuance dans sa perception. Malgré cette vision très technique de ce métal, il n’en reste pas moins une matière aux diverses qualités de surfaces. Les expérimentations ont démontré cette richesse malgré qu’elle n'ait été appliquée que sur un support métallique. De nombreuses synergies peuvent être développées à partir du procédé de cuivrage sur

matières non métalliques. Cependant, malgré ce statut d’expérimentation, elles doivent par la suite être qualifiées de fonctions et d’usages pour être incluses dans un objet. De même que pour les problématiques environnementales, les procédés de cuivrages ne sont pas un substitut à l’ensemble des produits manufacturés en cuivre. Il ne représente qu’une mince partie de ce qui est produit.

A posteriori, le cuivrage est peut-être une solution démesurée. Dans une politique d’économie de matière, le cuivrage semble en être le paroxysme. L’économie de matière est certes importante, mais la vision du placage de matière est vue par la majorité comme une qualité moindre. Le feuillard serait un moyen alternatif de travailler le cuivre en surface. Cette option serait un médium à la croisée du massif et du cuivrage.
 

Bibliographie


︎Livres

AGREST Diana, Design versus non-design, Paris, Le Seuil, 1977.

BERTHELOT Jean-Marie, Matériaux composite, Cachan, Lavoisier, 2012.

COLIN Christine & TAMLYN Diana, Design & imitation, Industries françaises de l'Ameublement, Paris, Le Seuil, 2005.

DAGOGNET François, «Qu’est ce que la matière ?», Paris, Le Livre de poche, 2017.

DAVRIL Claire, «Réfléchir par la matière en design. Normal Studio, Martin Szekely, Konstantin Grcic.», in DESMET Nathalie & MARION Anaël, Rématérialiser l’art contemporain, Saint-Denis, PUV Éditions, 2014, p. 51-65.

FRESSOZ Jean-Baptiste, «Une histoire matérielle de la lumière», in JARRIGE François & VRIGNON Alexis, Face à la puissance, Paris, La Découverte, 2020, p. 84-99.

HUGHES Richard & ROWE Micheal, Coloration et patine des métaux, Paris, Éditions Vial, 2014.
MANZINI Ezio, La matière de l’invention, Paris, Centre Georges Pompidou, 1989.

RUNFOLA Matthew, Patine des métaux : bijouterie et créations métalliques, Paris, Éditions Vial, 2015.

ROUZÉ Michel, Le diamant en couches minces matière précieuse pour l'industrie [compte-rendu].», in Raison présente n°97, Paris, Centre national des Lettres, 1991, p. 147-148.

Ruskin John, Les sept lampes de l'architecture, Paris, L’esprit et les formes, 1987.

︎Articles

AVRIL Jean-Louis, «Rationaliste Architecture», Encyclopædia Universalis, [En ligne :https://www.universalis-edu.com/encyclopedie/architecture-rationaliste].

DAGOGNET François, «Matériaux», Encyclopædia Universalis, [En ligne : https://www.universalis-edu.com/encyclopedie/materiaux].DINGJIAN Jean-François,« cahier_Dingjian», ENSCI, 15/10/2017, [En ligne : https://www.ensci.com/fileadmin/content_uploads/cahier_Dingjian.pdf].


︎Reportages


Des racines et des Ailes, «Le grand Trianon : un palais de campagne», Production TSVP, 16/09/2023, [En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=KBXhIlO8Pz0].

Contact ︎

︎ studio.baptistegault@gmail.com
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Le projet de diplôme ︎

En un instant


En un instant, la feuille de cuivre s’est déployée. En un instant, nous sommes passés d’une surface plane à un volume. En un instant, les défauts du feuillard se sont éclipsés pour faire apparaitre des plissements semblables au textile. La bande clinquante, une feuille de 0,10 mm d’épaisseur ne présageait rien de sensationnel au vu de sa faiblesse structurelle. Associé au formage par air comprimé, ce procédé exalte sa finesse comme la fragilité de cette ressource.


Formage sur cuivre recuit, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris
Détail gravure sur formage, BAPTISTE GAULT, 2023, Paris